INDDESC alerte sur la situation critique des écoles nationales à Bainet
Dans un rapport publié ce mois de septembre 2025, l’Institut National pour la Défense des Droits Économiques, Sociaux et Culturels (INDDESC) tire la sonnette d’alarme sur la précarité des infrastructures scolaires dans la commune de Bainet, département du Sud-Est. Après trois mois d’enquête, l’organisation de défense des droits humains appelle les autorités et partenaires internationaux à agir en urgence pour garantir aux enfants leur droit fondamental à l’éducation.
Pendant trois mois, une équipe de l’INDDESC a conduit une enquête participative combinant observation directe et entretiens avec enseignants, élèves et membres de la communauté. Ainsi, sept établissements publics ont été visités : le Lycée Philippe Alliés, l’École nationale de Trou-Mahot, l’École nationale Pont Congo, l’École nationale Bas-des-Grigris, l’École nationale des Garçons, l’École nationale de Bois-Neuf, et l’École nationale Jacques Stephen Alexis.
Le rapport met en évidence une situation alarmante. En effet, les écoles sont confrontées à un manque criant de bancs et de bureaux, tandis que les toitures sont fortement endommagées, les portes en tôle non adaptées et les plafonds gravement détériorés. Dans certains établissements, les murs d’entrée sont même partiellement effondrés et les peintures très dégradées.
De plus, de petites salles servent provisoirement de directions sans conditions adéquates, alors que les enfants étudient sans tableaux ni sanitaires fonctionnels. Par ailleurs, la rareté de l’eau dans la communauté accentue les difficultés, puisqu’aucun bassin n’est disponible pour l’approvisionnement. Enfin, certaines structures, fragilisées par des fissures, nécessitent une reconstruction totale.
Face à cette situation préoccupante, l’INDDESC propose une série de mesures hiérarchisées.
a) À court terme (0–12 mois), il est d’abord recommandé de réhabiliter rapidement les toitures, portes et plafonds. Ensuite, il faut fournir le mobilier scolaire, du matériel de base et installer un système énergétique minimal.
b) À moyen terme (1–3 ans), l’organisation suggère notamment la reconstruction intégrale de l’École nationale de Bois-Neuf. En outre, elle appelle à la construction de sanitaires modernes, à l’aménagement de bassins d’eau et à la création de directions scolaires dignes.
c) À long terme (3–5 ans), il est enfin nécessaire d’élaborer un plan éducatif local pour Bainet intégrant le numérique, l’énergie renouvelable et l’alimentation scolaire. Dans le même esprit, elle propose la mise en place d’un partenariat structuré entre le MENFP, le FNE et les agences internationales.
Afin de renforcer la portée de son diagnostic, l’organisation présente, dans les pages 9 à 12 du rapport, plusieurs photographies des écoles visitées. Ces images révèlent des toitures percées, des murs fissurés, des salles de classe délabrées et du mobilier inexistant, confirmant ainsi la gravité du constat dressé par les enquêteurs.
En conclusion, l’organisation appelle le Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), le Fonds national de l’éducation (FNE), ainsi que les agences des Nations Unies (UNICEF, UNESCO, PAM) et les bailleurs internationaux à prendre sans délai les mesures nécessaires. Les enfants de Bainet ont droit à une éducation de qualité, insiste l’INDDESC dans ce rapport rendu public ce mois de septembre 2025.
Steeve Luc PIERRE
