Saint-Marc sous haute tension : manifestations, répression policière et pertes en vies humaines

Saint-Marc sous haute tension : manifestations, répression policière et pertes en vies humaines

La commune de Saint-Marc, dans le département de l’Artibonite, s’est réveillée dans un climat de vive tension ce lundi, marqué par des manifestations populaires, des affrontements avec les forces de l’ordre et des pertes humaines. Pour une deuxième journée consécutive, la ville est quasiment paralysée, sur fond de colère croissante contre l’insécurité qui gangrène le Bas-Artibonite.

Dès les premières heures de la matinée, des habitants, notamment en provenance de la localité de Jean-Denis, ont investi les rues de la cité de Nissage Saget pour dénoncer la montée en puissance des groupes armés dans la région. Les manifestants exigent des autorités des mesures concrètes visant à démanteler les gangs qui terrorisent plusieurs zones, dont Jean-Denis, Pont-Sondé et d’autres localités environnantes.

Des barricades de pneus enflammés ont été dressées sur les principaux axes routiers, notamment sur la Route nationale #1, provoquant un blocage total de la circulation. Les protestataires ont également lancé des pierres et des bouteilles, accentuant le climat de chaos dans la ville. En conséquence, les activités commerciales et scolaires sont suspendues : banques, entreprises et écoles gardent portes closes, tandis que les petits commerçants désertent les rues.

La situation a dégénéré lorsque la Police nationale est intervenue pour disperser la foule. Des tirs à balles réelles ont été entendus, tandis que les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes. Selon plusieurs témoignages, ces interventions ont causé la mort d’au moins deux personnes : une femme atteinte d’une balle à la tête et un jeune homme abattu sur place. D’autres sources font également état du décès d’une jeune femme asthmatique, qui aurait succombé après avoir inhalé du gaz lacrymogène. Plusieurs blessés sont aussi à déplorer.

Face à cette situation, un groupe de citoyens s’est dirigé vers le commissariat de Saint-Marc pour exiger des explications concernant des personnes qui auraient été arrêtées. Cette démarche s’inscrit dans un contexte de frustration généralisée, où la population accuse les autorités de ne pas agir efficacement contre les gangs armés, tout en réprimant les mouvements de protestation.

Les manifestants dénoncent une réponse jugée disproportionnée des forces de l’ordre face à ce qu’ils considèrent comme une mobilisation légitime contre l’insécurité. Ils pointent du doigt un manque de volonté politique pour éradiquer durablement le phénomène, notamment face aux groupes armés tels que « Gran Grif » et « Kokorat Sanras », actifs dans la région.

En fin de journée, la tension demeure palpable aux abords du commissariat de Saint-Marc, où des appels à la poursuite de la mobilisation continuent de circuler. Jusqu’à présent, aucune réaction officielle n’a été enregistrée du côté des autorités centrales.

La population, quant à elle, reste déterminée à maintenir la pression, conditionnant la reprise des activités à des actions concrètes et immédiates pour rétablir la sécurité dans la commune.

GPL Media Libre

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