Partout en Haïti, l’OPC dit merci à ses femmes
Le vendredi 6 mars 2026, dans le local de l’Office de la Protection du Citoyen (OPC) à Jacmel, quelque chose de beau et de profondément symbolique s’est produit. Autour d’une table dressée avec soin, des hommes et des femmes se sont réunis non pas pour signer un protocole d’accord ou inaugurer un projet, mais pour accomplir quelque chose de plus simple et de plus fort à la fois : honorer des femmes. Des femmes qui travaillent pour faire avancer l’institution. Des femmes qui servent. Des femmes qui, par leur engagement, font tenir une institution entière.
Cet événement s’inscrit en prélude de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée chaque année le 8 mars. Bien avant cette date symbolique, l’OPC a fait le choix fort et délibéré d’anticiper. Conformément aux vœux du Protecteur Jean Wilner Morin, l’institution a voulu honorer ses employées pour le travail impeccable qu’elles accomplissent au quotidien, dans des conditions souvent difficiles, avec une rigueur qui force l’admiration. Un dîner de convivialité a ainsi été organisé simultanément dans les bureaux de l’OPC à travers tout le pays – un acte national et assumé, qui dit en creux ce que trop d’institutions osent dire clairement : les femmes comptent. Ici, elles sont vues. Elles sont célébrées.
Autour de la table à Jacmel se trouvaient : Mme Vana Charles Jean, Assistante directrice de l’OPC à Jacmel ; Mme Marie Lucie Jean et M. Joab Lafleur, tous deux Agents de protection ; et Mme Manite Saincelair Gustave, Cheffe de service de promotion. À leurs côtés figurait Mme CarmelleMarie Lucie Mentor, Coordonnatrice de l’organisation Konbit Ayisyen pou Lavi Miyò (KALMI), l’un des partenaires les plus sûrs et les plus fidèles de l’OPC. Ensemble, depuis de longues années, OPC et KALMI entretiennent une collaboration fondée sur la confiance mutuelle, le respect des engagements et une vision commune des droits humains. Leur présence commune autour de cette table illustre parfaitement la puissance d’une synergie institutionnelle durable – c’est-à-dire d’une force créée lorsque deux organisations unissent leurs efforts pour produire ensemble ce qu’aucune ne pourrait accomplir seule. Complétait la table M. Jonathan Gédéon, l’auteur de cet article.
Au-delà de la convivialité, ce dîner a été le théâtred’échanges d’une rare profondeur. Car l’OPC n’est pas une institution qui se contente de célébrer en fermant les yeux sur les réalités. Au contraire : fidèle à sa mission première, ellemaintient un regard vigilant et constant sur toutes les situations de violations des droits humains dans le pays. C’est dans cet esprit qu’une conversation sérieuse s’est engagéeentre M. Jonathan Gédéon et Mme Vana Charles Jean, portant sur les réalités les plus urgentes et les plus douloureuses de Jacmel : la situation des détenus soumis à des conditions indignes, les violences subies par les travailleuses de sexe – une population trop souvent invisible et sans protection – et la précarité alarmante des habitants de Anba Lavil, qui survivent dans un environnement sanitaire dégradé.
C’est précisément là que réside toute la cohérence et la grandeur de cette journée. Une activité de convivialité penséepour honorer des femmes s’est spontanément transformée en un espace de dialogue lucide et courageux sur les défis les plus pressants du territoire jacmelien. Cela ne relève pas du hasard. Cela relève de la culture profonde d’une institution qui comprend que célébrer les femmes et protéger les droits de tous les citoyens sont deux faces complémentaires d’un même combat : celui d’une société plus juste, plus digne et plus humaine.
En organisant cette activité, l’OPC a posé bien plus qu’un geste symbolique. Elle a démontré, concrètement, que l’égalité de genre – c’est-à-dire la reconnaissance égale de la valeur et des droits des femmes et des hommes dans tous les espaces de la vie publique – n’est pas un slogan de circonstance dans ses murs. C’est une conviction profonde, traduite en actes concrets. Et c’est pour cela que ce 6 mars 2026, à Jacmel comme partout en Haïti, l’OPC a fait honneur à sa mission, à ses femmes et à la nation haïtienne toute entière.
Jonathan Gédéon
