MSF suspend ses activités : Port-au-Prince en pleine détresse médicale

MSF suspend ses activités : Port-au-Prince en pleine détresse médicale

La décision de Médecins Sans Frontières (MSF) de suspendre ses activités dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince marque un nouveau chapitre tragique pour Haïti. Alors que les hôpitaux publics sont paralysés depuis des mois et que l’insécurité bloque l’accès aux soins, cette suspension accentue une crise humanitaire déjà alarmante. Ainsi, les habitants de l’Ouest se retrouvent démunis face à un système de santé inexistant, dans un pays où l’accès à la santé est devenu un véritable parcours du combattant.

Médecins Sans Frontières (MSF), l’une des dernières organisations à offrir des services de santé accessibles dans la capitale haïtienne, a été contrainte de suspendre ses activités à Port-au-Prince. Cette décision, annoncée le 19 novembre, fait suite à une escalade de violences, incluant des attaques contre ses ambulances, l’exécution de patients, et des menaces graves contre son personnel, notamment de la part des forces de police.

Par conséquent, ces événements illustrent non seulement la violence extrême qui règne dans la capitale, mais aussi la vulnérabilité des acteurs humanitaires. Ces incidents répétés ont forcé l’organisation à interrompre toutes les admissions de patients et les transferts vers ses cinq structures médicales dans la capitale haïtienne à compter du 20 novembre.

Tout d’abord, l’attaque du 11 novembre, où deux patients ont été exécutés et des employés agressés, a marqué le début de cette crise. Ensuite, dans les jours qui ont suivi, des menaces explicites de mort ont été proférées par des policiers contre les équipes de MSF, tandis que les ambulances étaient régulièrement interceptées. 

Pour les habitants de Port-au-Prince et des environs, cette suspension représente une véritable catastrophe. Depuis plusieurs mois, les principales infrastructures sanitaires sont soit fermées, soit inaccessibles : L’Hôpital Université d’État d’Haïti (HUEH), autrefois une institution phare, est hors d’usage. En effet, la zone où il se trouve est désormais contrôlée par des gangs armés, rendant toute opération médicale impossible. 

Et l’hôpital Bernard Mevs, connu pour ses soins spécialisés, est situé dans une zone à haut risque au Boulevard Toussaint Louverture. Cependant, les routes qui y mènent sont devenues des couloirs de mort, exposant quiconque s’y aventure à des attaques armées.

Même les déplacements vers des hôpitaux situés en dehors de la capitale se heurtent à des obstacles majeurs. À titre d’exemple, la route nationale menant vers le sud est bloquée au niveau de Gressier. Cette fermeture, opérée par la police nationale pour empêcher les gangs de Gressier d’avancer vers Léogâne, complique drastiquement l’accès aux soins.

Cependant, l’hôpital Sainte-Croix de Léogâne, qui reste opérationnel malgré les tensions, représente un espoir pour certains habitants. Néanmoins, s’y rendre est un véritable défi. Les routes principales étant bloquées, les patients doivent opter pour des solutions périlleuses : Par la voie maritime, dans des embarcations de fortune, souvent surchargées et mal équipées. 

Cette traversée expose les malades à des risques accrus, notamment en cas de conditions météorologiques défavorables. Par les mornes, en empruntant des chemins de terre dégradés sur des motocyclettes. Ces sentiers, parfois impraticables en cas de pluie, mettent les patients dans une position de vulnérabilité extrême, car un accident ou une panne dans ces zones isolées pourrait leur être fatal.

Ces trajets, longs et dangereux, démontrent à quel point l’accès aux soins de santé est devenu un luxe pour les Haïtiens. Les témoignages parlent de malades gravement atteints, transportés tant bien que mal dans des conditions inhumaines, avec peu ou pas de garantie d’arriver vivants à destination.

Pendant ce temps, pour ceux qui ne peuvent quitter Port-au-Prince, la situation est encore plus dramatique. Les femmes enceintes accouchent sans assistance, les enfants souffrent de malnutrition sévère sans aucun traitement, et les victimes de violences armées ou sexuelles se retrouvent sans recours.

En conclusion, la suspension des activités de MSF met en lumière une vérité cruelle : Haïti est en plein effondrement. Entre les hôpitaux inaccessibles et les routes impraticables, l’accès à la santé est devenu une épreuve insurmontable pour la majorité des habitants.

Face à cette crise, l’État reste silencieux, tandis que les ONG, autrefois considérées comme le dernier filet de sécurité, se retirent sous la menace. Pour les Haïtiens, le droit à la santé, pourtant garanti par les principes fondamentaux des droits humains, semble être un rêve lointain. Enfin, sans une intervention urgente et coordonnée, la situation risque de s’aggraver encore davantage, plongeant le pays dans un chaos humanitaire où chaque jour est une lutte pour la survie.

Steve Luc PIERRE

GPL Media Libre

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