Au Chili, une investiture présidentielle ; en Haïti, l’attente des élections : quelle leçon ?
Le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé est rentré ce vendredi 13 mars 2026 d’une visite officielle au Chili, où il a assisté à l’investiture du président élu José Antonio Kast. Une cérémonie solennelle qui illustre ce que pourrait être une transition démocratique fonctionnelle.
Au Chili, il a multiplié les rencontres bilatérales de haut niveau, avec le président élu chilien et son ministre des Relations extérieures, Francisco Pérez Mackenna, mais aussi avec le vice-président d’El Salvador, Félix Ulloa, et le secrétaire général de l’Organisation des États américains, Albert Ramdin. Les discussions ont abordé la coopération régionale, la sécurité et l’organisation d’élections.
Accompagné de la ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, le Premier ministre a aussi rencontré la diaspora haïtienne au Chili pour présenter les efforts du gouvernement sur la sécurité, l’économie et le processus électoral.
Mais de retour à Port-au-Prince, la réalité contraste avec ce modèle. Haïti n’a pas organisé d’élections depuis près de dix ans. Malgré les déclarations répétées du Premier ministre sur la tenue prochaine de scrutins, aucun rendez-vous officiel avec le Conseil électoral provisoire n’a été rendu public depuis qu’il contrôle l’État. Une absence qui alimente le scepticisme, d’autant que le show médiatique des autorités est habituellement omniprésent.
La grande question reste donc entière : à quand les élections en Haïti ? Et surtout, quelle leçon le Premier ministre tire-t-il de l’exemple chilien pour un pays en proie à une longue transition politique ?
Jean Daniel PIERRE
