Grève, manifestation, injonctions : à Carrefour, le chef de gang Krisla fait la loi

Grève, manifestation, injonctions : à Carrefour, le chef de gang Krisla fait la loi

Deux mois après avoir paralysé la commune de Carrefour par une grève forcée, le chef de gang Krisla annonce une manifestation pour ce vendredi 20 juin 2025. Une nouvelle démonstration de force qui témoigne du pouvoir croissant des groupes armés dans certaines zones du pays.

En avril dernier, du 28 au 30, la commune de Carrefour s’était réveillée sous tension. Une grève de trois jours, décrétée par le chef du gang de Ti Bwa, Krisla, avait totalement paralysé la ville. Il exigeait des autorités étatiques la mise en place d’un nouveau cartel intérimaire à la tête de la mairie, poste vacant depuis plus d’un an.

Les consignes du chef de gang avaient été suivies à la lettre : écoles fermées, commerces et transports à l’arrêt, la population n’avait d’autre choix que de se soumettre. Le troisième jour, alors qu’il ordonnait la reprise des activités, ses hommes avaient entrepris de nettoyer les rues, comme pour affirmer une forme d’autorité locale.

Aujourd’hui, Krisla revient à la charge. Il invite les habitants de Fontamara et de la commune de Carrefour à descendre dans les rues ce vendredi 20 juin, à partir de 10h du matin, pour protester contre la situation générale du pays : insécurité, chômage, misère, exécutions extrajudiciaires dans le cadre de l’opération « Bwa Kale », entre autres.

L’appel à la mobilisation s’adresse aux personnes âgées de 18 ans et plus. Le chef de gang exige également la fermeture des écoles pour la journée.

Par ailleurs, il critique ouvertement le gouvernement, l’accusant de dilapider les ressources publiques dans l’achat de drones kamikazes, de véhicules blindés et dans le paiement de mercenaires, au lieu de s’attaquer aux vrais problèmes sociaux.

Mais ce qui frappe le plus dans sa communication, c’est qu’en tant que membre influent de Viv Ansanm, une coalition criminelle qui assume publiquement ses exactions sans se cacher, il réclame que l’État respecte le droit à la vie.

Une posture jugée profondément contradictoire, alors que Viv Ansanm est à l’origine de nombreux massacres, pillages, enlèvements et déplacements forcés dans plusieurs quartiers de la région métropolitaine.

GPL Media Libre

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