Haïti : la FAA maintient ses restrictions de vols, le risque sécuritaire persiste
La situation sécuritaire en Haïti continue de peser sur l’aviation civile. La Federal Aviation Administration (FAA) des États-Unis a publié un nouveau NOTAM prolongeant les restrictions imposées à certaines opérations aériennes américaines dans une partie du territoire et de l’espace aérien haïtien.
Cette mesure n’est pas nouvelle. Les autorités américaines avaient déjà instauré des restrictions similaires en novembre 2024, après plusieurs incidents au cours desquels des avions commerciaux américains avaient été visés par des tirs. Depuis, ces restrictions ont été reconduites en raison de la persistance des risques sécuritaires.
Selon le nouveau NOTAM, référencé KICZ A0046/26, la mesure entre en vigueur le 1er septembre 2026 à 12 h 30 UTC et restera applicable jusqu’au 2 mars 2027, sauf modification ou levée anticipée.
Elle concerne notamment les transporteurs aériens américains, certaines personnes exerçant les privilèges d’un certificat de pilote délivré par la FAA ainsi que les exploitants d’aéronefs civils immatriculés aux États-Unis. Ces opérateurs sont interdits d’effectuer certaines opérations entre la surface et 9 999 pieds dans les zones géographiques définies par la FAA.
Le document précise toutefois qu’il ne s’agit pas d’une fermeture générale de l’espace aérien haïtien. Les survols à plus de 10 000 pieds et les opérations en dehors des zones concernées ne sont pas visés par cette restriction spécifique. Certaines opérations peuvent également être autorisées sous conditions.
La prolongation de cette mesure constitue néanmoins un signal particulièrement préoccupant. Près de deux ans après l’instauration des premières restrictions, le risque sécuritaire reste suffisamment élevé pour que les autorités américaines maintiennent des limitations visant certaines opérations aériennes.
Cette situation illustre surtout la profondeur de la crise sécuritaire haïtienne. L’insécurité ne perturbe plus uniquement la circulation terrestre ou les activités économiques dans les zones contrôlées par les groupes armés. Elle affecte également l’aviation civile et contribue à renforcer l’image d’un pays où les conditions minimales de sécurité ne sont toujours pas réunies.
Pour les autorités haïtiennes, le nouveau NOTAM devrait donc être considéré comme davantage qu’une simple décision technique américaine. Il constitue un nouvel avertissement sur l’incapacité persistante de l’État à garantir la sécurité de son territoire.
Alors que le gouvernement met l’accent sur la préparation des prochaines élections et sur le retour à la normalité institutionnelle, la réalité sécuritaire continue, elle, de raconter une autre histoire. Si les mêmes restrictions sont régulièrement prolongées, c’est bien que la situation n’a pas suffisamment évolué pour rassurer les partenaires étrangers.
Le véritable enjeu pour les autorités haïtiennes n’est donc pas seulement de voir les restrictions levées. Il est de créer les conditions sécuritaires qui permettront à la FAA et aux autres acteurs internationaux de ne plus avoir de raison de les maintenir.
Jean Daniel PIERRE
