Les bandits font régner la terreur à Kenscoff, l’État toujours impuissant
Pendant que le gouvernement haïtien continue de mettre en avant la perspective des prochaines élections, la violence armée poursuit sa progression à travers le pays. Dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 août 2026, la commune de Kenscoff a une nouvelle fois été plongée dans la terreur à la suite d’une attaque attribuée à des groupes armés contre la population civile.
Selon plusieurs sources, plusieurs dizaines de personnes auraient perdu la vie au cours de cette offensive. Le bilan reste provisoire et difficile à établir avec précision, les conditions sécuritaires compliquant la vérification des informations et l’accès aux zones touchées.
Les habitants de Kenscoff auraient vécu une nuit particulièrement difficile, entre tirs nourris, mouvements de panique et fuite de plusieurs familles. Des appels au secours ont une nouvelle fois été lancés en direction des autorités, alors que la population civile continue de se retrouver en première ligne face aux groupes armés.
Cette nouvelle attaque n’est pas sans précédent. Depuis plusieurs mois, la commune de Kenscoff est régulièrement confrontée à des violences armées qui ont entraîné des morts, des déplacements de population et la destruction de biens. Malgré les appels répétés des habitants, la situation sécuritaire demeure extrêmement préoccupante.
Des massacres qui se répètent pendant que le pays parle d’élections
Le drame de Kenscoff intervient également après une autre attaque meurtrière enregistrée à Gressier. Le vendredi 31 juillet 2026, au moins 14 chauffeurs de motocyclettes et passagers auraient perdu la vie, après avoir été pris pour cible par des individus armés dans la localité de Dégan. Leurs corps auraient ensuite été livrés aux flammes, selon les informations rapportées.
Ces épisodes successifs illustrent la violence à laquelle la population civile reste exposée dans plusieurs régions du pays. Les massacres, les déplacements forcés et les attaques contre des citoyens ordinaires se multiplient alors que les autorités maintiennent leur discours autour de la préparation des élections.
Le contraste est saisissant. Alors que des responsables parlent de calendrier électoral et de retour à la normalité institutionnelle, des Haïtiens continuent de mourir sous les balles des gangs armés.
Cette réalité pose inévitablement la question des conditions dans lesquelles un scrutin pourrait être organisé. Comment garantir la liberté de vote dans une zone où la population craint pour sa vie ? Comment permettre aux électeurs, aux candidats, aux journalistes et aux observateurs de circuler librement lorsque certaines zones restent exposées aux attaques armées ?
La tenue d’élections ne dépend donc pas uniquement d’un calendrier ou de dispositions institutionnelles. Elle suppose également un environnement suffisamment sécurisé pour permettre aux citoyens d’exercer librement leurs droits.
À Kenscoff, les habitants ne demandent pour l’heure ni promesses électorales ni discours politiques. Ils réclament avant tout la protection de l’État, la sécurité de leurs familles et la possibilité de vivre sans craindre une nouvelle attaque.
À mesure que les massacres se multiplient, la question n’est plus seulement de savoir quand les Haïtiens pourront voter, mais dans quelles conditions ils pourront le faire en sécurité.
Jean Daniel PIERRE
