Sécurité : le Premier ministre mise gros sur la FSG pour tenter de freiner les gangs armés
Le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, a effectué ce mercredi 13 mai 2026 une visite stratégique à la base de la Force de suppression des gangs (FSG), située à Tabarre, dans un contexte où l’insécurité continue de s’aggraver dans plusieurs zones de la région métropolitaine de Port-au-Prince.
Cette visite intervient alors que la précédente mission internationale de sécurité, la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MSS), a échoué à rassurer une population confrontée à l’expansion continue des groupes armés. Malgré le déploiement des forces étrangères aux côtés de la Police nationale d’Haïti (PNH) et des Forces armées d’Haïti (FADH), plusieurs territoires stratégiques ont continué de tomber sous le contrôle des gangs, notamment dans la Plaine du Cul-de-Sac, à Cité Soleil, ainsi qu’au centre-ville de Port-au-Prince, toujours inaccessible aux autorités.
Selon un communiqué de la Primature, le chef du gouvernement s’est entretenu avec le représentant spécial de la FSG, Jack Christofidies, ainsi qu’avec la cheffe du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), Daniela Kroslak, autour du déploiement des nouvelles unités et de l’accélération des opérations contre les groupes armés.
Accompagné du directeur général de la PNH, Vladimir Paraison, le Premier ministre a inspecté les infrastructures destinées à accueillir de nouveaux contingents étrangers appelés à renforcer les opérations conjointes avec les forces haïtiennes.
Sur place, des soldats tchadiens, salvadoriens et guatémaltèques étaient présents à la base de la FSG. S’adressant à eux, le Premier ministre a lancé un message direct : « Le peuple haïtien attend de vous une seule chose : des résultats concrets pour le rétablissement durable de la sécurité. »
Cette déclaration traduit l’impatience grandissante d’une population qui constate, depuis plusieurs années, l’incapacité des forces nationales et internationales à reprendre le contrôle des principaux bastions occupés par les gangs armés.
Alors que les autorités promettent une « reconquête totale du territoire national », les critiques persistent quant à l’efficacité réelle des dispositifs sécuritaires déjà mis en place. La MSS, présentée comme une réponse majeure à la crise sécuritaire, n’a pas réussi à reconquérir le centre-ville de Port-au-Prince ni à stopper les attaques armées dans plusieurs communes du département de l’Ouest jusqu’au terme de son mandat, le mois dernier.
À travers cette visite à la base de la FSG, le gouvernement tente donc de relancer la confiance autour de cette nouvelle structure sécuritaire, tout en affichant sa volonté d’organiser des élections dans un climat plus stable. Reste à savoir si cette nouvelle force pourra obtenir les résultats que la mission précédente n’a pas réussi à atteindre.
