Plaine du Cul-de-Sac : les gangs encore à la charge, un employé de Barbancourt tué par balle

Plaine du Cul-de-Sac : les gangs encore à la charge, un employé de Barbancourt tué par balle

Alors que la situation sécuritaire continue de se détériorer dans la Plaine du Cul-de-Sac, plusieurs familles abandonnent leurs maisons pour fuir les violences armées qui secouent la région. Des habitants de plusieurs quartiers vivent désormais dans la peur des affrontements entre groupes armés, tandis que les déplacements de population se multiplient dans cette zone stratégique de la capitale.

Dans ce climat de terreur grandissante, un employé du Rhum Barbancourt a été tué par balle dans la nuit du dimanche 10 mai dans le cadre des violences qui frappent la Plaine du Cul-de-Sac. Ce drame survient alors que plusieurs grandes entreprises affirment avoir alerté depuis des mois les autorités sur la dégradation de la situation sécuritaire et des infrastructures autour de l’Aéroport International Toussaint Louverture, sans véritable réponse concrète de l’État.

Plus d’une semaine après avoir lancé une alerte publique sur l’état critique des routes entourant l’aéroport, plusieurs grandes entreprises haïtiennes dénoncent aujourd’hui l’insuffisance des mesures prises par les autorités face à une situation qu’elles jugent extrêmement préoccupante.

Dans un nouveau communiqué conjoint, Rhum Barbancourt, Comme Il Faut S.A., Brasserie de la Couronne et Séjourné S.A. affirment que les mesures engagées jusqu’à présent restent « très largement insuffisantes » au regard de l’urgence de la situation.

Selon les signataires, quelques travaux ont certes été entamés au niveau du carrefour Rita, mais aucune intervention majeure n’a encore été réalisée sur la Route Nationale nº1, pourtant considérée comme essentielle à la sécurisation du périmètre aéroportuaire et au fonctionnement des entreprises installées dans la zone.

Les entreprises déplorent également l’absence d’un véritable plan d’action de la part des autorités. Aucun calendrier global n’aurait été communiqué, aucune réunion de travail n’aurait été organisée avec les entreprises concernées et aucun programme d’intervention structuré n’aurait été présenté depuis leur première alerte.

Dans leur communiqué, elles rappellent que les problèmes sont pourtant bien identifiés : routes fortement détériorées, difficultés de circulation pour les forces de l’ordre, exposition directe des employés et des riverains aux violences armées, ainsi que la suspension de plusieurs services essentiels.

Les signataires soulignent par ailleurs la contradiction entre les ambitions affichées de sécurisation de l’aéroport et l’état des infrastructures routières qui permettent d’y accéder et d’en assurer le contournement.

« On ne sécurise pas un aéroport en laissant se dégrader les routes qui en permettent l’accès et le contournement », préviennent-elles.

Ces entreprises, parmi les principaux contributeurs fiscaux du pays, rappellent également leur poids économique et social. Elles emploient des milliers de personnes et continuent de fonctionner dans un environnement marqué par l’insécurité et la dégradation des infrastructures.

Face à ce qu’elles considèrent comme un manque de concertation et de réponse adaptée, elles réclament désormais un rendez-vous immédiat avec les ministres concernés ainsi qu’avec le directeur général des Travaux publics, afin qu’un plan d’intervention « précis, coordonné et accéléré » soit enfin mis en œuvre.

Pour les entreprises signataires, le temps des interventions partielles est désormais dépassé. Elles exigent des actions concrètes, une planification sérieuse et une réponse à la hauteur des enjeux économiques et sécuritaires que représente cette zone stratégique de la capitale.

Jean Daniel PIERRE

GPL Media Libre

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