Un appui financier du gouvernement à l’Université Quisqueya au cœur d’un débat sur la transparence

Un appui financier du gouvernement à l’Université Quisqueya au cœur d’un débat sur la transparence

D’abord, des révélations de la Fondation Je Klere. Puis, une mise au point de l’Université Quisqueya. Des nouvelles demandes d’éclaircissements, ensuite, de FJKL. Ce financement public de 150 millions de gourdes accordé à l’UniQ alimente la contoverse: si l’université défend la légalité du financement bénéficié, l’organisation, pour sa part, y voit un « acte de copinage » et réclame la publication de pièces justificatives afin de dissiper tout doute sur les conditions d’octroi et l’utilisation des fonds.

La Fondasyon Je Klere a révélé, dans un rapport publié le 4 mars 2026, l’existence de transferts financiers totalisant 150 millions de gourdes en faveur de l’Université Quisqueya. Selon l’organisation, ces décaissements, trois paiements de 50 millions de gourdes, figurent dans un tableau provenant de la Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique pour l’année 2025.

En réaction aux révélations, l’université a publié, le 8 mars, une note publique confirmant avoir bénéficié d’un « appui financier de l’État ». Elle précise que ce financement déccoule d’une demande faite en décembre 2022 et d’un protocole d’accord signé le 20 mai 2025 avec le ministère de l’Économie et des Finances. L’UniQ affirme avoir transms plusieurs rapports narratifs et financiers sur l’utilisation des fons.

L’université explique que cet appui intervient dans un contexte difficile, liée notamment à la baisse des inscriptions étudiantes et à la crise sécuritaire. Elle indique que son effectif est passé d’environ 3500 étudiants en 2018-2019 à un peu plus de 850 l’année dernière.

De son côté, la FJKL réclame davantage de transparence. Sur les ondes de Magik9 le 9 mars, l’un de ses responsables, Samuel Madistin, a estimé que ce financement s’apparenterait à un acte de « copinage », évoquant des liens politiques entre le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et le recteur de l’université Jacky Lumarque.

Dans un communiqué publié après la note de l’université, la FJKL demande la publication de documents détaillant la procédure d’octroi et l’utilisation des fonds. L’organisation appelle également l’Unité de Lutte Contre la Coruption à examiner le dossier afin de dissiper tout soupçon de favoritisme ou de mauvaise gestion de fonds publics.

Pour l’instant, le dialogue public se limite à un échange entre l’université Quisqueya et la Fondasyon Je Klere. Cependant, la publication du raport a déclenché un vif débat sur les réseaux sociaux et dans les médias : si certains défendent la légitimité d’un appui public aux universités privées; d’autres, plus critiques, s’interrogent sur ce choix alors que l’Université d’État d’Haïti continue de faire face à de graves difficultés depuis des années. Au centre de la controverse, l’État haïtien n’a, pour l’heure, encore pipé mot.

Yelnats-96

GPL Media Libre

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