Eaux potables : Le ministère du commerce hausse le ton, ultimatum de 22 jours aux entreprises pour se mettre en règle

Eaux potables : Le ministère du commerce hausse le ton, ultimatum de 22 jours aux entreprises pour se mettre en règle

La sonnette d’alarme est tirée. À la suite d’un rapport accablant révélant une contamination massive des eaux de boisson dans la zone métropolitaine, le ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) sort de sa réserve. Entre exigences sanitaires strictes et menaces de sanctions, les entreprises du secteur disposent désormais de moins d’un mois pour se mettre en règle.

Selon les dernières analyses effectuées par le MCI, le chiffre est sans appel : 87,5 % des eaux de boisson testées à Port-au-Prince sont contaminées. La présence de germes pathogènes tels que l’E. coli, les coliformes fécaux et les streptocoques fécaux transforme ce qui devrait être une source de vie en un risque majeur pour la santé publique.

Face à cette situation alarmante, le ministère a publié deux circulaires successives, en date des 23 février et 2 mars 2026, visant à reprendre le contrôle d’un marché devenu largement informel.

Dans sa circulaire, le ministère impose un délai de 22 jours francs aux entreprises de production, de traitement ainsi qu’aux kiosques de revente pour se conformer à plusieurs exigences. Chaque entreprise devra notamment détenir une Carte d’Identification Professionnelle (CIP) valide délivrée par le MCI. Le respect des Bonnes Pratiques d’Hygiène (BPH) devient également obligatoire.

Les autorités exigent aussi que les camions transportant de l’eau conditionnée, notamment en sachets, soient entièrement fermés afin de protéger les produits du rayonnement solaire. Les sachets et bouteilles devront être fabriqués à partir de matériaux inertes homologués pour le contact alimentaire, tandis que chaque produit devra porter une étiquette conforme permettant d’identifier clairement sa provenance.

Le MCI se montre catégorique sur la question sanitaire : aucune trace de germes pathogènes ne sera tolérée. Des analyses bactériologiques régulières devront être effectuées et chaque opérateur devra disposer d’un plan de rappel des produits, testé au moins une fois par an afin d’évaluer la capacité de réaction de l’entreprise en cas de contamination.

« Le non-respect de ces critères expose les contrevenants à des sanctions, conformément aux décrets du 11 mars 2020 », précise la circulaire signée par les autorités compétentes.

Le compte à rebours est désormais lancé. Passé le délai de 22 jours, les inspecteurs du ministère du Commerce devraient intensifier les contrôles sur le terrain. Pour les entreprises de traitement d’eau, il s’agit d’une question de survie commerciale ; pour les citoyens, d’une question de survie tout court.

Jean Daniel PIERRE

GPL Media Libre

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