Rapwoche-Konekte : Voie d’Espoir ravive l’espoir des familles séparées par l’adoption

Rapwoche-Konekte : Voie d’Espoir ravive l’espoir des familles séparées par l’adoption

Dans la ville des Cayes, plus d’une centaine de parents biologiques ont répondu à l’appel de l’organisation Voie d’Espoir, dans le cadre du projet RAPWOCHE / KONEKTE. Cette initiative est menée en partenariat avec Plan Kiskeya – reuniting parents and children from Haïti , une organisation engagée dans l’accompagnement des adoptés d’origine haïtienne et la recherche de leurs familles biologiques.

Placée sous le signe de l’écoute, de la dignité et de la reconnexion, la cérémonie a offert aux parents biologiques un espace d’expression rare. Les témoignages ont mis en lumière des parcours marqués par la séparation, souvent liée à la pauvreté ou à des contextes familiaux difficiles. Au fil des interventions, un sentiment commun s’est dégagé : celui d’années de silence et d’attente, parfois vécues comme une épreuve silencieuse.

C’est le jour même de la cérémonie que le fondateur de Voie d’Espoir, Michel Joseph, a annoncé que plus d’une centaine de familles biologiques avaient été accueillies dans le cadre du projet. Il a également précisé que des tests ADN avaient été réalisés pour plusieurs familles, dans la perspective d’identifier d’éventuelles correspondances avec des enfants adoptés vivant à l’étranger.

Au total, plus de cinquante prélèvements ADN ont été effectués au cours de la journée. Les échantillons seront analysés par le laboratoire américain FamilyTreeDNA, dans l’objectif d’identifier des liens génétiques avec des adoptés d’origine haïtienne établis hors du pays. Pour les parents présents, cette démarche dépasse largement le cadre administratif : elle incarne un espoir concret de vérité et de reconnexion.

Dans la salle de La Cayenne Hôtel, les récits se sont succédé, portés par l’émotion. Certaines mères ont confié ne plus avoir entendu la voix de leur enfant depuis vingt ou trente ans. Des pères ont évoqué l’absence d’informations et l’attente prolongée, devenue parfois douloureuse.

Au-delà de cette rencontre, le projet s’inscrit dans une dynamique nationale. Depuis 2024, plus de 500 familles ont été enregistrées à travers le Grand Nord, le Grand Sud et Port-au-Prince. Derrière chaque dossier, se cache une histoire inachevée.

Si les résultats ADN peuvent prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour nombre de participants, l’essentiel était déjà là : être écoutés, reconnus et intégrés dans un mécanisme structuré, éthique et transparent. Un premier pas vers la vérité, et peut-être, pour certains, vers des retrouvailles longtemps espérées.

Steeve Luc PIERRE

GPL Media Libre

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