Que veulent les Haïtiens ? Quel avenir pour Haïti ?
Haïti n’a pas fini d’étonner le monde. 220 ans après sa Déclaration d’Indépendance en tant que première nation noire libre, ayant consacré ses fils et filles comme maîtres de leur destin, le bilan est catastrophique. Peut-être avons-nous besoin de plus de temps pour construire notre nation ? Peut-être faut-il une éducation à la responsabilité et à la prise en charge ? À l’apprentissage d’un leadership efficace ? Peut-être, peut-être… Que d’excuses, en vérité !
Malheureusement pour nous, Haïtiens, nous devons comprendre qu’il n’y a pas d’excuses devant ce constat flagrant d’échec, devant cette faillite. Le monde est fatigué d’Haïti, souvent perçue comme une cause perdue, un pays failli, ingouvernable, un « pays de trou du cul » selon les mots d’un puissant, mais peu compatissant, soi-disant “ami”. Malediksyon paske se pa fòt nou !!! Mais où sont les hommes et les femmes de ce pays prêts à relever le défi ? Que faut-il faire ?
La vérité est qu’Haïti et ses leaders, malgré le syndrome d’insularité, ne vivent pas en vase clos. À l’heure de la globalisation, à l’ère de la technologie et du savoir avancé, les dirigeants haïtiens doivent cesser de mettre en péril l’héritage de Dessalines et des autres héros de l’indépendance. Sans dépassement de soi et sans une conscience nationale renouvelée, notre souveraineté sera irrémédiablement perdue.
La question pressante que nous devons à tout prix nous poser : Haïti a-t-elle un avenir ? Oui, mais uniquement si une nouvelle génération de leaders émerge, portée par une vision axée sur le bien commun. Il faudra une refonte profonde de notre gouvernance, une vision politique et économique audacieuse et des actions concertées. Au vu de la désorganisation actuelle et de l’effondrement de la nation, un consensus doit être trouvé – voire imposé.
Le nouvel ordre devra se fonder sur les principes suivants :
– Réorganisation territoriale: Encourager la mise en commun des ressources et les coopératives pour promouvoir la grande propriété productive.
– Gouvernance avisée: Instaurer une gestion transparente, progressiste et orientée vers les résultats.
– Progrès économique : Se concentrer sur la production nationale et la compétitivité pour relancer l’économie.
– Décentralisation: Utiliser la décentralisation comme levier central pour le développement économique et social.
– Concertation permanente: Établir un cadre permanent de dialogue sous l’égide des forces morales, religieuses et économiques de la nation.
Haïti se trouve encore une fois à un tournant historique. Nous, ses dignes fils et filles, devons agir avec célérité et détermination face à la menace de désintégration orchestrée par les forces du chaos. En appliquant ces dispositions, Haïti pourra s’ouvrir au monde et redevenir un acteur respectable. Sinon, elle disparaîtra de la liste des nations et risque d’être placée sous protectorat de la Caricom ou d’une autre entité internationale.
Port-au-Prince, le 18 novembre 2024.
Joseph Harry Bretous
Leader du Parti “Mete Ayiti Kanpe”.
