Nayib Bukele appelle les Haïtiens à se soulever contre les « traîtres » et les financeurs des gangs
Le président salvadorien Nayib Bukele a adressé, ce mardi 3 novembre, un message particulièrement ferme au peuple haïtien, dans lequel il établit un parallèle entre l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines et la situation actuelle du pays. Dans cette déclaration, il accuse certains Haïtiens de trahir l’héritage du père fondateur de la nation, en participant directement ou indirectement au fonctionnement des groupes armés.
S’adressant directement aux Haïtiens, le chef de l’État salvadorien rappelle que Dessalines, après avoir libéré le pays, aurait été trahi et assassiné par des hommes qui partageaient pourtant ses origines et sa langue, mais pas ses principes. Selon lui, ces individus, motivés par leurs intérêts personnels, ont contribué à plonger Haïti dans plusieurs générations de souffrances et de misère.
Pour Nayib Bukele, ces mêmes formes de trahison persistent aujourd’hui. Il établit une distinction entre les héritiers de Dessalines et ceux qu’il considère comme les héritiers de ses assassins. Il accuse notamment certains acteurs d’être membres de gangs, d’autres de les financer, de leur fournir des armes ou encore de chercher à empêcher la population haïtienne de retrouver sa liberté.
Le président salvadorien estime également que la responsabilité de la crise sécuritaire ne peut être attribuée uniquement aux puissances étrangères. Il affirme que des Haïtiens ont eux-mêmes contribué au pillage du pays, en collaborant avec des intérêts étrangers, en facilitant le trafic de drogue, en fournissant des armes aux groupes armés et en participant au contrôle de certains territoires.
Dans son message, Bukele interpelle la population sur la responsabilité des acteurs qui alimentent la violence : « Qui pointe les armes sur nous ? Qui tue nos proches ? Qui vole nos maisons et nos biens ? », s’interroge-t-il, en désignant les groupes armés et leurs soutiens comme les principaux responsables des souffrances de la population.
Tout en réaffirmant la disponibilité de son pays à accompagner Haïti dans sa lutte contre les gangs, le dirigeant salvadorien insiste sur le fait que son pays n’est pas un envahisseur. Il présente les forces engagées aux côtés des autorités haïtiennes comme des partenaires venus soutenir une population confrontée à une crise sécuritaire majeure.
« Nous pouvons vous aider à les vaincre, mais nous ne sommes pas des envahisseurs », affirme-t-il, appelant les Haïtiens à se mobiliser, à reprendre le contrôle de leurs communautés et à mettre sous contrôle ceux qui leur imposent violences et souffrances.
Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par le déploiement de la Force de répression des gangs (FRG), avec la participation de contingents salvadoriens, dans le cadre des efforts visant à rétablir la sécurité en Haïti.
En conclusion, Nayib Bukele promet que son pays restera aux côtés du peuple haïtien dans ce qu’il présente comme une lutte pour reprendre le contrôle de son territoire et libérer la nation de ceux qu’il qualifie de traîtres à l’héritage de Dessalines. « Et finalement, Haïti sera libre », conclut-il.
Jean Daniel PIERRE
