L’ONU alerte sur les risques liés à l’officialisation des « Brigadiers de paix »

L’ONU alerte sur les risques liés à l’officialisation des « Brigadiers de paix »

Le processus d’officialisation des groupes de « Brigadiers de paix » engagés dans la lutte contre l’insécurité suscite des réserves au sein du Groupe d’experts des Nations unies sur Haïti. Dans son dernier rapport, le Groupe reconnaît leur rôle dans plusieurs communautés, tout en mettant en garde contre les risques liés à leur intégration dans un cadre institutionnel.

Selon le rapport, les groupes d’autodéfense se sont multipliés dans un contexte marqué par la faiblesse des capacités de l’État. Dans plusieurs zones, notamment dans le département de l’Ouest, certains de ces groupes apportent leur soutien à la Police nationale d’Haïti. Dans le Bas-Artibonite, certains coordonnent également leurs activités avec la PNH et certaines unités de la Brigade de sécurité des aires protégées.

Face à cette situation, le ministère de l’Intérieur a commencé à enregistrer les personnes désignées comme « Brigadiers de paix ». Les autorités envisagent ainsi de mettre en place un mécanisme permettant de réglementer et d’intégrer la participation citoyenne à la prévention de l’insécurité.

Le Groupe d’experts souligne toutefois que cette démarche comporte des risques. Selon le rapport, certains membres de ces groupes seraient impliqués dans des activités criminelles, détiendraient illégalement des armes ou bénéficieraient de financements illicites. Leur officialisation sans mécanismes de contrôle rigoureux pourrait donc, selon les experts, contribuer à la naissance d’une nouvelle génération de groupes armés.

L’enregistrement vise également à permettre aux autorités de mieux connaître les équipements détenus par ces groupes, notamment leurs armes à feu, dont une grande partie aurait été acquise illégalement. Le Groupe d’experts estime ainsi que l’encadrement de ces brigadiers constitue un enjeu majeur pour éviter que la lutte contre les gangs ne débouche sur une nouvelle prolifération d’acteurs armés en dehors du contrôle de l’État.

Dans son analyse, l’ONU résume le dilemme auquel sont confrontées les autorités : laisser ces groupes sans encadrement comporte des risques, mais leur officialisation doit également être accompagnée de mécanismes de contrôle, de vérification et de responsabilisation suffisamment solides.

Jean Daniel PIERRE

GPL Media Libre

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