Trump relance l’insulte « pays de merde » contre Haïti lors d’un meeting en Géorgie
Le président américain Donald Trump a de nouveau tenu des propos injurieux à l’égard d’Haïti, samedi 24 octobre 2026, lors d’un meeting politique à Perry, en Géorgie. En reprenant publiquement l’expression « pays de merde » pour désigner plusieurs nations, dont Haïti, il ravive une controverse qui remonte à son premier mandat. Cette nouvelle sortie s’inscrit dans un contexte marqué par ses attaques répétées contre les migrants haïtiens et le durcissement de la politique migratoire américaine.
À l’approche des élections de mi-mandat, prévues en novembre aux États-Unis, Donald Trump participait à un rassemblement destiné à soutenir des candidats républicains. Au cours de son intervention, il s’en est pris au sénateur démocrate Jon Ossoff, qu’il accuse de soutenir un projet de loi visant à maintenir le statut de protection temporaire (TPS) accordé aux ressortissants haïtiens.
Pour s’opposer à cette mesure, le président américain a affirmé qu’elle favoriserait l’arrivée de nombreux migrants issus de pays qu’il associe au terrorisme. Il a notamment cité la Libye, le Yémen, Haïti et la Somalie, en les présentant comme des nations dont les ressortissants ne devraient pas être accueillis aux États-Unis.
Trump a ensuite interpellé la foule en lui demandant si elle se souvenait des termes qu’il avait employés pour désigner ces pays. Il a alors repris l’expression injurieuse « shithouse countries », traduite par « pays de merde », avant de demander pourquoi les États-Unis n’accueilleraient pas plutôt des ressortissants de pays comme la Norvège, la Suède ou le Danemark.
Cette déclaration rappelle la polémique déclenchée en janvier 2018, lorsque le dirigeant républicain aurait qualifié Haïti et plusieurs pays africains de « shithole countries », une expression également traduite par « pays de merde ». Ces propos, tenus lors d’une réunion consacrée à l’immigration à la Maison-Blanche, avaient provoqué de vives réactions à l’échelle internationale.
Les attaques verbales de Donald Trump contre les Haïtiens ne se limitent toutefois pas à cet épisode. En septembre 2024, lors d’un débat présidentiel face à Kamala Harris, il avait affirmé que des migrants haïtiens vivant à Springfield, dans l’Ohio, mangeaient les chiens et les chats des habitants. Ces accusations, largement relayées pendant la campagne électorale, avaient été démenties par les autorités locales, qui avaient déclaré ne disposer d’aucune preuve crédible permettant de les étayer.
Depuis son retour à la Maison-Blanche, sa politique migratoire a également affecté des centaines de milliers de ressortissants haïtiens. Son administration a engagé des démarches pour mettre fin au statut de protection temporaire dont bénéficiaient environ 330 000 Haïtiens aux États-Unis. La fin de cette protection, effective le 27 juillet 2026, a exposé les personnes concernées à un risque accru d’expulsion, sous réserve des éventuelles protections juridiques individuelles.
Parallèlement, les expulsions vers Haïti se poursuivent, avec des arrivées régulières de ressortissants haïtiens à l’aéroport international du Cap-Haïtien. Le 22 octobre dernier, 77 personnes ont ainsi été rapatriées dans cette ville. Ces retours forcés interviennent alors que le pays reste confronté à une grave crise sécuritaire et humanitaire, qui complique la réintégration des personnes expulsées.
Entre ses déclarations dégradantes, les restrictions imposées aux migrants haïtiens et la poursuite des expulsions, Donald Trump continue de placer les ressortissants haïtiens au cœur de sa politique migratoire restrictive. Sa dernière sortie en Géorgie relance ainsi la controverse sur le traitement réservé à Haïti et à ses citoyens par le président américain, alors même que de nombreuses familles haïtiennes dépendent de la protection migratoire accordée aux États-Unis.
Steeve Luc PIERRE
