Pendant que le chef de la police promet, Kenscoff pleure, Gressier s’enfonce, l’Artibonite s’effondre

Pendant que le chef de la police promet, Kenscoff pleure, Gressier s’enfonce, l’Artibonite s’effondre

Le 8 août 2025, Vladimir Paraison prenait les commandes de la Police nationale d’Haïti (PNH), en remplacement de Rameau Normil. Lors de son installation, il avait promis de rétablir la sécurité dans tout le pays, particulièrement dans l’Ouest et l’Artibonite. « Mwen pa ka dòmi, nou polisye pap dòmi. Fòk popilasyon an ka dòmi », avait-il déclaré. Un an plus tard, ces promesses résonnent douloureusement face à la réalité.

Kenscoff vient d’en donner une nouvelle illustration. Au lendemain de l’attaque meurtrière qui a frappé la commune, Paraison s’est rendu sur place, accompagné du commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me Fritz Paterson Dorval. Il a assuré que la PNH n’avait « jamais baissé les bras » à Kenscoff et annoncé le déploiement d’agents et de matériels pour sécuriser la population. Mais une question s’impose : pourquoi ces renforts arrivent-ils après le massacre ?

Depuis un an, les promesses se succèdent, mais la situation sécuritaire ne s’est pas améliorée. Les groupes armés continuent de contrôler des territoires et d’étendre leur influence. Le kidnapping demeure une menace, tandis que des familles sont contraintes de fuir leurs quartiers. La population, elle, ne dort toujours pas.

À Gressier, le constat est tout aussi préoccupant. La commune, largement contrôlée par les groupes armés, n’a pas été récupérée durablement par les forces de sécurité. Pire, les gangs continuent de progresser vers le sud, faisant peser une menace croissante sur Léogâne. Là encore, les promesses de reconquête formulées par les autorités peinent à se traduire en résultats concrets.

En Artibonite, la situation s’effondre progressivement. Le département, pourtant présenté par Paraison comme l’une de ses priorités, reste confronté à la violence des groupes armés, aux déplacements de population et à l’insécurité sur des axes stratégiques. Un an après son arrivée, difficile de parler d’une reprise effective du contrôle du territoire.

Sur le terrain de la communication, en revanche, Vladimir Paraison est omniprésent. Descentes médiatisées, déclarations publiques et images d’opérations se multiplient. Ses sorties des 5 et 6 août 2026 à Delmas 32 et Puits-Blain en sont encore une illustration. Mais pour une population épuisée par l’insécurité, les images ne suffisent plus.

Un directeur général de la police ne peut pas gouverner une crise sécuritaire avec des promesses et des caméras. Après un an, les Haïtiens veulent des résultats : des territoires repris, des gangs neutralisés, des kidnappings réduits et une population enfin capable de circuler et de dormir sans peur.

Vladimir Paraison avait promis de protéger et de servir. Douze mois plus tard, Kenscoff pleure, Gressier s’enfonce et l’Artibonite s’effondre. Il est peut-être temps que les promesses cèdent la place aux résultats.

Steeve Luc PIERRE

Image d’illustration : Jean Feguens Régala/ Medya Laria

GPL Media Libre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *