Vladimir Paraison : un an de promesses, une insécurité toujours omniprésente
Le 8 août 2025, André Jonas Vladimir Paraison était installé comme directeur général a.i. de la Police nationale d’Haïti (PNH), à la Villa d’Accueil. Il remplaçait Rameau Normil, dans une cérémonie présidée notamment par Laurent Saint-Cyr, alors coordonnateur du Conseil présidentiel de transition.
Lors de son installation, Paraison avait promis de « protéger et servir », mais surtout de permettre à la population de dormir. « Mwen pa ka dòmi, nou polisye p ap dòmi. Fòk popilasyon an ka dòmi », avait-il déclaré. Il promettait également de rétablir la sécurité dans tout le pays, particulièrement dans l’Ouest et l’Artibonite, et d’arrêter les bandits pour les remettre à la justice.
Un an plus tard, le constat est amer. La population ne dort toujours pas. Les kidnappings restent une menace majeure et les groupes armés continuent de contrôler de vastes territoires. Aucun des territoires perdus avant son arrivée n’a véritablement été récupéré de manière durable. Pire encore, l’insécurité continue de s’étendre dans certaines zones, notamment dans l’Artibonite.
Le kidnapping de James Boyard, directeur de cabinet au ministère de la Défense et inspecteur général de la PNH, en plein Bourdon le 11 juin 2026, a constitué l’un des symboles les plus frappants de cette dégradation. Un haut responsable de la sécurité, pourtant chargé notamment de questions liées à la réforme de la police et au renforcement des forces de sécurité, a été enlevé dans un secteur jusque-là considéré comme relativement sûr.
Sur le terrain de la communication, en revanche, Vladimir Paraison est omniprésent. Ses sorties médiatisées se multiplient, comme ses descentes des 5 et 6 août à Delmas 32 et Puits-Blain, où il a participé à des contrôles routiers. Ces images donnent celle d’un chef de police présent sur le terrain. Mais elles soulèvent une question : où sont les résultats ?
Pendant que le directeur général multiplie les apparitions publiques, la réalité sécuritaire reste brutale : kidnappings, attaques armées, territoires sous contrôle des gangs et populations déplacées. L’Artibonite, qui figurait parmi ses priorités annoncées il y a un an, continue lui aussi de sombrer.
Un an après les promesses de Vladimir Paraison, la question demeure entière : la population haïtienne dort-elle mieux aujourd’hui qu’il y a un an ? Le bilan de cette première année à la tête de la PNH semble malheureusement répondre à cette question par la négative.
