PAPJAZZ 2026: un nouveau pari réussi pour les organisateurs
Dans un contexte national marqué par l’insécurité généralisée à Port-au-Prince, PapJazz a encore démontré sa capacité à rassembler. L’édition 2026 du Festival international de jazz de Port-au-Prince s’est tenue entre les 7 et 10 janvier à Pétion-Ville, offrant au public une parenthèse artistique où musique et images se sont rencontrées.
Dès les premières scènes, l’affluence a témoigné de la fidélité du public à ce grand rendez-vous culturel. Artistes, personnalités publiques, expatriés travaillant en Haïti et passionnés de musique ont répondu présent, animés par un même soif de plaisir et de bonne musique. Dans une capitale éprouvée, le festival s’est encore imposé comme un rare lieu d’échange entre le Jazz, les rythmes de chez nous et d’autres rythmes d’ailleurs.
La programmation artistique de cette édition, comme celle des précédentes, a réuni des figures majeures de la scène haïtienne et internationale. Au total, vingt musiciens étrangers, pour confirmer la dimension internationale du festival. Le public a notamment retrouvé entre autres Riva Précil accompagnée du groupe Pawol Tanbou, Joël Akoustik, BélO, l’icône de la musique racine Eddy François, le guitariste mexicain Daniel Torres ainsi que le groupe Zanmitay, formation haïtienne de jazz née en 2020, et Deep Pockets, groupe réunissant des artistes du sud de la Floride. À travers ces différentes propositions, PapJazz a reconfirmé sa vocation d’être ce carrefour musical où jazz, racine, reggae et sonorités contemporaines se rencontrent.
La dernière soirée, quant à elle, été marquée par une ambiance particulièrement festive. Elle a été animée entre autres par le talentueux DJ haïtien Gardy Girault, mêlant jazz, musiques urbaines et sonorités traditionnelles, l’artiste et maitresse vodou Riva Précil et l’un des grands maîtres du jazz espagnol, le pianiste Chano Domínguez. Une clôture vibrante pour cet espace de dialogue culturel et de l’ouverture au monde.
Les scènes « after » et les « showcases » ont aussi marqué les esprits, en permettant à plusieurs jeunes artistes de s’affirmer.
Serise sur le gateau, le public a aussi participé à la création d’une œuvre collective intitulée « Fresque pour la paix », sur laquelle chacun pouvait inscrire un message ou un dessin, transformant l’événement en un lieu d’expression citoyenne.
Diffusées en direct sur internet, les performances ont pu être suivies partout, permettant à la diaspora et aux amateurs de musique de vivre le festival à distance.
Si la réussite de PapJazz 2026 témoigne de la résilience culturelle haïtienne, elle rappelle aussi une réalité plûtot douloureuse : l’impossibilité d’organiser des activités au centre-ville de Port-au-Prince qui, autrefois, accueillait nombre de ces rencontres.
Marx Stanley LEVEILLE
