À l’approche du 7 février, l’Accord Montana appelle à une reconfiguration de la transition

À l’approche du 7 février, l’Accord Montana appelle à une reconfiguration de la transition

Alors que l’échéance du 7 février approche, date annoncée pour la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), les propositions de sortie de crise se multiplient. Organisations de base, plateformes citoyennes et partis politiques avancent leurs scénarios pour l’après-CPT, dans un contexte national marqué par une crise institutionnelle, sécuritaire et sociale sans précédent.

Dans ce climat d’incertitude, l’Assemblée des signataires de l’Accord de Montana est montée au créneau. Dans une lettre ouverte adressée au Conseil présidentiel de transition, en date du 16 janvier 2026, la structure politique et citoyenne dresse un constat alarmant de la gouvernance transitoire actuelle et formule une série d’exigences jugées urgentes pour éviter une aggravation de la crise.

Selon l’Assemblée, l’échec des mécanismes actuels de la transition, l’absence de consensus politique à l’approche du 7 février et la profonde méfiance de la population envers les autorités compromettent toute perspective de stabilisation durable. Elle estime que le processus transitionnel, tel qu’il est conduit, a perdu en crédibilité et nécessite des changements majeurs afin de relancer le dialogue national et répondre aux attentes de la population.

Au cœur de cette prise de position figure une critique frontale de la gestion du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils Aimé. L’Assemblée des signataires de l’Accord de Montana évoque une « incapacité manifeste à gouverner », dénonçant des soupçons de corruption, des détournements présumés de fonds publics et des décaissements jugés injustifiés au profit de l’entourage du chef du gouvernement. Ces pratiques auraient, selon elle, contribué à affaiblir les finances publiques, détériorer les services de base et accentuer la précarité des conditions de vie de la population.

Le document pointe également des actes d’insubordination à l’autorité de l’État. Le Premier ministre est accusé de ne pas s’être conformé à certaines directives émanant des instances supérieures, compromettant ainsi le principe de collégialité et l’unité de commandement indispensables dans un contexte de transition politique fragile.

Autre grief soulevé : des relations jugées non autorisées avec des représentants diplomatiques étrangers. L’Assemblée affirme que de tels échanges, menés sans mandat clair ni cadre institutionnel approprié, portent atteinte à la souveraineté nationale et fragilisent la crédibilité d’Haïti sur la scène internationale.

Face à ce qu’elle qualifie de dérives graves, l’Assemblée des signataires de l’Accord de Montana appelle le Conseil présidentiel de transition à assumer pleinement ses responsabilités historiques. Elle recommande en priorité le renvoi immédiat du Premier ministre Alix Didier Fils Aimé et sa substitution par un Premier ministre intérimaire dont le mandat prendrait fin le 6 février 2026.

Par ailleurs, la structure plaide pour la convocation urgente d’une assise nationale inclusive, réunissant l’ensemble des forces vives du pays : acteurs politiques, organisations de la société civile, syndicats, organisations paysannes, jeunes, femmes et secteur privé. L’objectif serait de parvenir à un accord politique consensuel afin d’éviter le « chaos annoncé » à partir du 7 février et de jeter les bases d’une transition jugée acceptable et légitime.

Enfin, l’Assemblée insiste sur la nécessité de définir, de manière concertée, un calendrier clair de négociations, assorti d’actions immédiates, notamment la mise en place d’un comité de médiation indépendant et neutre.

Dans un communiqué public publié le même jour, l’Assemblée des signataires de l’Accord de Montana a réitéré ses préoccupations face à la détérioration continue de la situation politique et sécuritaire du pays. Elle avertit qu’à défaut d’actions rapides et concrètes, la transition en cours risque de perdre définitivement sa légitimité, au détriment du peuple haïtien et de l’avenir démocratique du pays.

Tout en maintenant un ton ferme, la structure se dit toutefois disposée à contribuer à un dialogue national responsable et à une sortie durable de la crise. À l’approche de l’échéance du 7 février, cette prise de position vient ainsi s’ajouter aux nombreuses voix qui appellent à une reconfiguration urgente du processus de transition en Haïti.

GPL Media Libre

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