Cap-Haïtien : l’OPC dénonce des violences impliquant des autorités lors d’une opération spéciale
L’Office de la Protection du citoyen (OPC) a annoncé avoir été saisi par un groupe de citoyens du Cap-Haïtien à la suite de la diffusion, sur les réseaux sociaux et par plusieurs chaînes de télévision du Grand Nord, de vidéos montrant des scènes de violences survenues lors d’une opération spéciale menée par les autorités locales dans cette juridiction.
Selon l’OPC, une analyse préliminaire des images devenues virales révèle des comportements jugés graves et préoccupants, impliquant des autorités judiciaires et administratives. L’institution souligne que ces faits soulèvent de sérieuses questions quant au respect des droits fondamentaux et des principes de l’État de droit.
Dans un premier extrait, un citoyen déjà maîtrisé par des agents de la Police nationale d’Haïti (PNH), immobilisé au sol et ne représentant aucun danger, aurait été victime de violences physiques. Les images montrent notamment des gifles et des coups de pied qui auraient été portés par le commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance du Cap-Haïtien.
Un second extrait met en scène une jeune femme qui, s’adressant de manière respectueuse aux autorités dans le cadre de cette même opération, reçoit soudainement un violent coup à la gorge de la part d’un individu armé accompagnant les autorités sur les lieux. D’après l’OPC, la victime ne constituait aucune menace pour les autorités présentes, lesquelles étaient pourtant assistées d’agents de la Police nationale d’Haïti.
Tout en reconnaissant le droit des autorités légalement habilitées à exécuter des décisions de justice ou des mesures administratives, l’Office de la Protection du citoyen condamne fermement ces actes. Il estime qu’ils portent gravement atteinte à la dignité humaine, aux droits fondamentaux et aux principes qui fondent l’État de droit.
Face à la gravité des faits dénoncés, l’OPC appelle la Présidence de la République ainsi que le Gouvernement à prendre toutes les mesures nécessaires, tant sur le plan administratif que disciplinaire, afin de prévenir la répétition de tels agissements et de garantir le respect effectif des droits et libertés fondamentales des citoyens.
L’institution rappelle par ailleurs que les citoyens disposent du droit d’exprimer leurs opinions et de revendiquer leurs droits à travers des manifestations, des pétitions et d’autres formes d’actions collectives pacifiques. Ces droits, consacrés par la Constitution haïtienne et les instruments internationaux relatifs aux droits humains, constituent un pilier essentiel de la démocratie, même si leur exercice demeure parfois compromis dans la pratique.
En conclusion, l’Office de la Protection du citoyen réaffirme son engagement à défendre les droits des citoyens et à œuvrer en faveur du respect de l’État de droit en Haïti, conformément à sa mission constitutionnelle.
Jean Daniel PIERRE
