Port-au-Prince : l’État haïtien passe à l’offensive avec des drones contre les terroristes du gang « 5 Segond »

Port-au-Prince : l’État haïtien passe à l’offensive avec des drones contre les terroristes du gang « 5 Segond »

L’État haïtien semble déterminé à reprendre le contrôle de la capitale, en proie à la violence des groupes armés depuis plusieurs années. Ce dimanche matin, une série d’explosions attribuées à des drones armés a été entendue dans les environs de Village-de-Dieu, un quartier tristement célèbre pour être le bastion du gang « 5 Segond ».

Selon plusieurs résidents du centre-ville, les bruits assourdissants ont commencé tôt dans la matinée. « Nou tande bri tankou bonm ki tonbe. Pa gen bal, men bri a diferan, li sonnen mechan », a confié un habitant de Cité de l’Éternel, encore sous le choc.

Des sources sécuritaires non officielles évoquent l’utilisation de drones explosifs dans le cadre des opérations visant à affaiblir les capacités logistiques du gang. Aucune annonce formelle n’a encore été faite par les autorités haïtiennes, mais des indices laissent croire que cette offensive s’inscrit dans une stratégie plus large de reconquête des zones urbaines occupées par des groupes criminels.

Village-de-Dieu, situé au sud du centre-ville, est considéré comme l’un des fiefs les plus redoutés du pays. Le gang « 5 Segond », qui y impose sa loi, est accusé de meurtres, d’enlèvements, d’extorsions et d’attaques contre des convois humanitaires et policiers. Plusieurs tentatives des forces de l’ordre pour pénétrer le quartier ont échoué par le passé, coûtant la vie à de nombreux agents.

Mais ce 1er juin, un tournant semble s’amorcer. Le déploiement de moyens technologiques en l’occurrence, des drones offensifs indique une évolution dans l’approche de l’État face à la criminalité armée.

Si l’opération reste pour l’instant enveloppée de silence, elle traduit une volonté manifeste de frapper fort et de marquer un coup stratégique à l’entrée de la saison des pluies, période souvent critique pour les populations déplacées et vulnérables.

Jusqu’à présent, aucune perte en vie humaine n’a été rapportée. En attendant plus de précisions de la part des autorités, la population reste suspendue à la suite des opérations.

Rappelons que ce 1er juin 2025 marque exactement quatre ans depuis que le quartier de Martissant est tombé sous le contrôle des gangs armés. Quatre années durant lesquelles quatre départements du pays le Sud-Est, les Nippes, le Sud et la Grand’Anse sont restés coupés de la capitale haïtienne.

GPL Media Libre

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