Un an pour le CPT : le règne des incapables, la république des gangs
Un an déjà. Douze mois de silence, d’incompétence et de compromission. Voilà ce qu’a offert le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) au peuple haïtien. Pendant que ses membres se partagent les privilèges du pouvoir, Viv Ansanm, la coalition criminelle la plus féroce de l’histoire récente du pays, s’est imposée comme la véritable autorité sur le territoire.
Sous le règne du CPT, plus de 80% de Port-au-Prince est passé sous le contrôle de Viv Ansanm. La capitale, symbole de l’État, est désormais morcelée, étouffée, et terrorisée par des groupes armés qui opèrent en plein jour. Kenscoff, Gressier, Solino, Nazon, Carrefour Aéroport, Delmas 19, 24, 26, 28, 30, entre autres, sont des zones où l’autorité publique a complètement disparu. Les sous-commissariats y sont soit détruits, soit totalement désertés. Là, ce sont les gangs qui font la loi.
Et le phénomène ne s’arrête pas là. Mirbalais, dans le département du Centre, a récemment été attaquée, son commissariat saccagé. Cette ville, longtemps considérée comme un refuge, tombe à son tour, et la menace s’étend aux départements voisins. L’État haïtien ne fait rien. Il regarde, il compte, il se tait.
Pire encore, dans des zones comme Carrefour, l’État s’est soumis aux ordres de Viv Ansanm. Tandis que la DGI, l’ONI et d’autres institutions publiques continuent de fonctionner, la Police nationale d’Haïti, elle, est absente. Cette absurdité administrative illustre à quel point le pouvoir en place a accepté la cohabitation avec l’illégalité. Tant que l’argent entre, peu importe qui contrôle le sol.
Face à cette situation dramatique, le peuple attendrait une réaction forte du CPT. Il n’en est rien. Les membres du Conseil brillent par leur inertie et leur opulence. Leur santé financière, elle, est florissante. Ils accumulent privilèges, voitures de luxe, voyages en première classe, pendant que les familles haïtiennes fuient leurs maisons ou enterrent leurs morts.
Ce n’est plus seulement un abandon : c’est une complicité tacite, une soumission, une trahison. Un an après leur prise de pouvoir, le bilan est limpide : le CPT règne, mais ne gouverne pas. Viv Ansanm contrôle le terrain. Et le peuple, lui, paie le prix fort.
Jean Daniel PIERRE
