Kenskoff : Rien ne va plus, les gangs déterminés à prendre le contrôle entier de la ville
Plusieurs localités de la commune sont toujours sous le contrôle des gangs armés de la coalition Viv Ansanm. Ces derniers continuent de tuer, piller et ou incendier des maisons et kidnapper des membres de la population. Après leur dernière attaque du vendredi 11 au samedi 12 avril 2025 derniers, les groupes criminels ont une nouvelle fois attaqué la ville dans la nuit du 17 au 18 avril 2025.
Cette commune, autrefois paisible, loin des actions criminelles est aujourd’hui le théâtre des tirs, ce qui pousse bon nombre de membres de la population à quitter leurs maisons. Pas une semaine ne passe sans que les malfrats sans foi ni loi ne s’accaparent pas d’un quartier de cette commune. Après Godet, ils se dirigent maintenant vers Maroca, localité située à quelques encablures du centre ville. Dans une entrevue accordée au journal Le Nouvelliste, le maire de la ville confirme cette nouvelle offensive des gangs.
« Ils sont en train de mettre leur menace à exécution. On a pu les repousser hier soir grâce à l’intervention de la police. Mais la situation est très difficile et très compliquée en ce moment », a expliqué le maire au quotidien Le Nouvelliste, avant d’ajouter que les bandits sont nombreux.
Depuis le début du mois de Février dernier, après la première attaque des gangs, les habitants de cette commune sont sur le qui-vive. Ne pouvant plus résister aux assauts des malfrats, ils ont dû prendre la poudre d’escampette. Dans un rapport publié le 7 avril écoulé, le bureau intégré des nations unies en Haïti (BINUH) a révélé qu’au moins 262 personnes ont été tuées et 66 autres blessées en deux mois dans la commune de Kenskoff.
Selon le BINUH , des femmes et des enfants ont été exécutés, des habitations incendiées, et plus de 3 000 personnes ont été contraintes de fuir face à l’assaut des gangs.
Des violences d’une brutalité inouïe qui empêchent les habitants vivant surtout de l’agriculture de rejoindre les champs pour semer. Les conséquences de cet état de fait pourront être catastrophiques. La commune risque un important manque à gagner sur le plan économique, car elle vit essentiellement de l’agriculture. Actuellement, malgré les pluies, les habitants ne peuvent pas planter. Ils ne peuvent pas semer d’oignons, de carottes ni de poireaux, selon une source municipale.
Alors que la situation se détériore à Kenskoff, les autorités en place peinent à agir afin de contrecarrer les bandits qui sèment la panique dans cette région. Les actions posées par les forces de l’ordre apparaissent comme des coups d’épée dans une mer agitée.
