Haïti : 6 938 décès en 2024, selon le rapport de l’ORDEDH sur les violations des droits humains
L’année 2024 a été marquée par une recrudescence alarmante des violences en Haïti. Les gangs armés, les groupes d’autodéfense, ainsi que les opérations policières ont semé la terreur à travers le pays. Selon le rapport de l’Ordre des Défenseurs des Droits Humains (ORDEDH), la situation des droits humains s’est encore détériorée, avec un nombre croissant de victimes, qu’il s’agisse d’homicides, de blessures ou d’enlèvements. Ce bilan tragique révèle les conséquences dramatiques de la violence systémique à l’échelle nationale.
D’après les données recueillies, 2024 a été une année tragique pour Haïti, avec un nombre choquant de personnes tuées et blessées. En tout, 6 938 personnes ont perdu la vie à cause des gangs armés, la majorité étant des hommes (78%). Ce chiffre comprend également les femmes (17%) et les enfants (5%), mettant en lumière l’ampleur de la violence qui frappe indiscriminément toutes les catégories de la population.
Par ailleurs, 2 034 personnes ont été tuées par arme blanche et 172 autres ont perdu la vie lors d’opérations policières. Il est également alarmant de constater que 271 personnes ont été exécutées sommairement, souvent par des groupes d’autodéfense ou dans le cadre de règlements de comptes. En outre, 730 décès ont été causés par des actes de carbonisation ou des incendies, une forme de violence brutale et déshumanisante.
Les blessés ne sont pas en reste : 1 648 personnes ont été gravement blessées par les violences des gangs et des groupes d’autodéfense, et les actions de la police. Ces victimes, dans leur grande majorité des hommes, subissent des blessures physiques qui marqueront leur existence à jamais.
Les enlèvements ont atteint des niveaux inquiétants, avec 1 515 personnes enlevées durant l’année. Ce phénomène n’est pas sans lien avec la violence généralisée et la crise sécuritaire qui frappe le pays. En parallèle, la traite des personnes, notamment des enfants, a également augmenté, ces derniers étant utilisés comme éclaireurs ou soldats par les gangs. Cette réalité dévastatrice a été largement documentée par les acteurs locaux qui dénoncent l’exploitation grandissante de la jeunesse haïtienne par les réseaux criminels.
Parallèlement à la montée de la violence, le système judiciaire haïtien subit également des transformations inquiétantes. Des changements dans les hautes sphères de la justice ont eu lieu, avec de nouvelles nominations, notamment au ministère de la Justice et de la Sécurité publique, au Conseil supérieur du pouvoir judiciaire et au Protecteur du citoyen. Toutefois, ces changements ne semblent pas avoir amélioré la situation, et la population continue de faire face à des violations systématiques des droits humains.
Un autre aspect préoccupant de la situation est la perte de contrôle de nombreux quartiers par l’État. Des zones entières dans des villes comme Port-au-Prince, Delmas, Carrefour et Martissant, sont désormais sous l’emprise des gangs. Ces derniers exploitent ces territoires en y établissant des postes péages, une source de revenu lucratif pour eux, mais une lourde perte pour les finances publiques et la sécurité nationale. La Police Nationale d’Haïti, malgré ses efforts, ne parvient pas à reprendre ces territoires, ce qui exacerbe la crise de sécurité.
Face à cette situation dramatique, les autorités et les organisations des droits humains sont appelées à une prise de conscience urgente. L’ORDEDH, à travers son rapport, met en lumière l’urgence d’une action concrète. Le peuple haïtien, épuisé par des années de violence, attend des solutions efficaces.
La population est appelée à ne pas se résigner et à lutter sans relâche contre la violence et la violation de ses droits. Il est impératif que des mesures soient prises pour assurer la sécurité et restaurer l’état de droit, tout en mettant en place des stratégies de prévention adaptées à la réalité haïtienne.
En définitive, Haïti traverse une période sombre, marquée par des violences inouïes, des violations des droits humains et une incapacité de l’État à garantir la sécurité de ses citoyens. La situation est d’autant plus dramatique que la violence provient de multiples sources, notamment les gangs, les groupes d’autodéfense, les opérations policières et les autorités de la justice.
Le pays est dans un cercle vicieux, où les droits fondamentaux sont violés quotidiennement. Cependant, l’espoir demeure. Avec la mobilisation des acteurs sociaux, des organisations de défense des droits humains et de la communauté internationale, il est possible d’imaginer un avenir plus sûr pour Haïti, où la paix et la justice régneraient enfin.
Steeve Luc PIERRE
