Hôpital Universitaire de la Paix débordé : un système de santé au bord de l’effondrement

Hôpital Universitaire de la Paix débordé : un système de santé au bord de l’effondrement

Alors que l’insécurité paralyse les grands centres hospitaliers de Port-au-Prince, l’Hôpital Universitaire de la Paix, situé à Delmas, devient le dernier recours pour des milliers de patients. Cependant, il fonctionne avec 27 % de son personnel en moins, une surcharge insoutenable. La fermeture des centres de Médecins Sans Frontières aggrave davantage la crise, rendant l’accès aux soins presque impossible pour la population.

En Haïti, le système de santé vacille sous le poids d’une insécurité dévorante et d’une crise humanitaire sans précédent. L’Hôpital Universitaire de la Paix (HUP), situé dans la commune de Delmas, est désormais le dernier bastion pour des milliers de malades, alors que les grands centres hospitaliers, comme l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH) et Bernard Mevs, ne peuvent plus remplir leur mission.

La situation devient encore plus dramatique avec la suspension des activités de Médecins Sans Frontières (MSF) dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Cette décision a été prise en raison de menaces graves provenant de certains agents de la Police Nationale d’Haïti (PNH). Ces derniers auraient, dans certains cas, exécuté des patients sous la protection de MSF, créant un climat d’insécurité insupportable pour l’organisation.

Conséquemment, l’HUP est submergé. Dans une interview accordée à AyiboPost, le Dr Paul Junior Fontilus a révélé que l’hôpital a enregistré 49 blessés par balles en une seule semaine, dont un décès. « La situation devient de plus en plus ingérable », a-t-il confié, soulignant l’ampleur des violences qui déchirent la capitale.

Sur les ondes de Magik 9, le Dr Jean Philippe Lerebourg a décrit une situation tout aussi critique : « L’hôpital accueille désormais en moyenne 300 patients par jour, avec 85 accouchements par semaine, dont 25 par césarienne. » Cette augmentation de 200 % dans tous les services, par rapport à l’année précédente, met une pression énorme sur l’institution.

Malgré tout, l’hôpital fonctionne avec 27 % de son personnel en moins. Cette réduction drastique est causée par l’exode massif des professionnels de santé, fuyant l’insécurité et cherchant de meilleures conditions à l’étranger. « Le personnel restant travaille dans des conditions extrêmement difficiles, physiquement et psychologiquement éprouvantes », a déploré le Dr Lerebourg.

Par ailleurs, les défis logistiques s’accumulent. Depuis février 2024, l’HUP applique un plan de contingence pour gérer les stocks de médicaments et de carburant, avec l’appui du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP). Cependant, les ressources s’épuisent rapidement face à la demande croissante.

Pendant ce temps, les autres centres hospitaliers de Port-au-Prince, comme l’HUEH, restent paralysés. Le plus grand hôpital public du pays est désormais inaccessible, car sa zone est sous le contrôle d’hommes armés. De même, Bernard Mevs, autrefois une référence, est presque impossible d’accès en raison des routes dominées par les gangs.

Dans ce contexte, l’Hôpital Universitaire de la Paix représente le dernier espoir pour des milliers de patients. Pourtant, ses murs ploient sous une charge insupportable. La fermeture des centres de MSF et l’insécurité ambiante condamnent un système de santé déjà à bout de souffle. Haïti, aujourd’hui, est en état d’urgence sanitaire, mais les réponses tardent à venir.

Steve Luc PIERRE

GPL Media Libre

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