Tourisme : le numérique au service d’une nouvelle image d’Haïti sans perdre le contact humain

Tourisme : le numérique au service d’une nouvelle image d’Haïti sans perdre le contact humain

Un visiteur qui veut découvrir Haïti doit encore chercher à plusieurs endroits les informations dont il a besoin. Où aller ? Comment s’y rendre ? Quels sites visiter ? Où manger ou trouver de l’artisanat ? Pour le ministère du Tourisme, le numérique peut aider à répondre plus simplement à ces questions.

C’est dans cet esprit que le ministère a célébré, le 28 septembre dernier, la Journée mondiale du tourisme à l’Hôtel Royal Oasis, à Pétion-Ville. La rencontre, organisée autour du thème « Le numérique et l’intelligence artificielle pour repenser le tourisme », a réuni des membres du gouvernement, des représentants du corps diplomatique et des acteurs du secteur.

Mais derrière les discussions sur l’intelligence artificielle, une réalité demeure : le tourisme se fait d’abord avec des personnes. Des travailleurs entretiennent les sites, accueillent les visiteurs, font connaître l’histoire des lieux et continuent de travailler malgré les difficultés.

La ministre du Tourisme, Stéphanie Smith, a justement salué ces hommes et ces femmes qui continuent de faire vivre le secteur. Elle a cité notamment ceux qui assurent l’entretien et la préservation des sites touristiques.

Pour elle, les outils numériques peuvent permettre à Haïti de mieux raconter son histoire et de présenter ses destinations. Ils ne doivent cependant pas faire disparaître le rôle de ceux qui sont sur le terrain.

« La relance du tourisme doit être aussi une reconquête, une reconquête intérieure », a déclaré Stéphanie Smith. Avant d’attendre les visiteurs étrangers, elle invite les Haïtiens à redécouvrir leur propre pays et à mieux connaître ses richesses.

Cette découverte passe aussi par les gestes du quotidien. Une ville propre, un site entretenu, un accueil correct ou une information facilement accessible peuvent changer l’expérience d’un visiteur.

« Le tourisme est un effort collectif, mais beaucoup de charges ne sont pas lourdes lorsqu’elles sont partagées », a rappelé la ministre. Elle appelle ainsi les citoyens à participer à l’image de leur ville, de leur commune et de leur département.

La ministre des Haïtiens vivant à l’étranger, Kathia Verdier, a mis l’accent sur un autre acteur : la diaspora. À travers les réseaux sociaux et les nouveaux outils numériques, les Haïtiens vivant à l’extérieur peuvent contribuer à faire connaître le pays, ses traditions et ses sites.

« L’innovation et l’intelligence artificielle ne doivent pas nous faire peur », a-t-elle déclaré. Ces technologies, selon elle, peuvent servir de pont pour reconstruire l’image d’Haïti et montrer une autre réalité du pays.

Le défi reste toutefois important. La ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, a rappelé qu’Haïti avait autrefois une place importante dans le tourisme caribéen. L’insécurité a depuis profondément affecté l’activité.

« Le tourisme haïtien a une histoire, il doit maintenant avoir un nouvel avenir », a-t-elle affirmé.

Cet avenir dépend aussi des conditions dans lesquelles les visiteurs peuvent circuler. Au nom du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, Axène Joseph a lié la relance touristique aux efforts engagés contre l’insécurité.

« Le tourisme est inébranlablement le miroir de notre souveraineté. Il est aussi le vecteur de notre rayonnement et un levier majeur de notre redressement économique », a déclaré le directeur de cabinet du chef du gouvernement.

Pour Sinedie Saintil Dupuy, directrice générale du ministère du Tourisme, le changement peut commencer par des choses très concrètes. Elle prend l’exemple d’un voyageur qui prépare une excursion entre Cap-Haïtien et Milot et cherche des renseignements sur les accès, les horaires, les restaurants, l’artisanat ou les services disponibles.

Ces informations ne sont pas toujours réunies au même endroit. Une meilleure présence numérique pourrait donc faciliter la préparation du voyage et éviter au visiteur de multiplier les recherches.

Le numérique ne règle toutefois pas les problèmes d’infrastructures ou de sécurité. Il peut simplement rendre certaines démarches plus faciles et permettre aux destinations de mieux se présenter.

Cette question a été discutée lors d’un premier panel réunissant Jean Odelin Casséus, les anciennes ministres du Tourisme Marie Christine Stephenson et Jessie Émilie Colombe Menos, ainsi que Jean Eisenhower Vital, inspecteur divisionnaire et administrateur de la Police touristique.

Les échanges ont porté sur les infrastructures, l’environnement touristique et les difficultés qui freinent encore le développement du secteur. Une manière de rappeler que derrière les applications, les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle, le tourisme reste une expérience vécue sur le terrain.

Pour Haïti, l’enjeu consiste donc à utiliser les nouveaux outils sans perdre ce qui fait la rencontre touristique : un lieu entretenu, une histoire racontée, un accueil humain et un visiteur qui repart avec une autre image du pays.

La Rédaction

GPL Media Libre

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