Burkina Faso prend le contrôle de son or avec sa première raffinerie nationale
Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans sa politique de valorisation de ses ressources minières. Le pays a inauguré, lundi 28 septembre à Ouagadougou, sa première raffinerie d’or, un projet présenté par les autorités comme un instrument destiné à renforcer la souveraineté économique du pays et à conserver davantage de valeur ajoutée sur le territoire national.
Lors de la cérémonie d’inauguration, le président Ibrahim Traoré a affiché la volonté de son gouvernement de réduire la dépendance du Burkina Faso à l’exportation de matières premières destinées à être transformées à l’étranger. « Nous voulons raffiner tous nos métaux sur place… nous voulons avoir l’ensemble de la chaîne de valeur sur place », a-t-il déclaré.
À travers cette nouvelle infrastructure, les autorités burkinabè ambitionnent donc de ne plus limiter le rôle du pays à l’extraction de l’or. L’objectif est de développer progressivement les différentes étapes de la chaîne, de l’exploitation du minerai jusqu’à sa transformation, afin qu’une part plus importante des revenus générés par cette ressource reste dans l’économie nationale.
Le Burkina Faso figure parmi les principaux producteurs d’or du continent africain. Le secteur occupe une place importante dans l’économie du pays, mais son contrôle demeure confronté à plusieurs difficultés. L’exploitation minière informelle constitue notamment un défi pour les autorités, tandis que l’insécurité liée aux groupes djihadistes affecte une partie des activités minières.
Dans ce contexte, le gouvernement dirigé par les militaires espère également faire de cette raffinerie un outil permettant de mieux encadrer la filière et d’accroître la maîtrise de la production nationale.
À terme, les autorités burkinabè souhaitent aller au-delà de la satisfaction des besoins du marché intérieur et positionner le pays comme un centre régional de raffinage de l’or. Une ambition qui s’inscrit dans la stratégie plus large de Ouagadougou visant à renforcer le contrôle national sur les ressources naturelles et à réduire la dépendance vis-à-vis des marchés et infrastructures de transformation étrangers.
Jean Daniel PIERRE
