À Paris, le Protecteur du Citoyen réaffirme l’engagement d’Haïti contre la peine de mort

À Paris, le Protecteur du Citoyen réaffirme l’engagement d’Haïti contre la peine de mort

Le Protecteur du Citoyen, Me Jean Wilner Morin, a participé, ce jeudi 2 juillet, à la neuvième édition du Congrès mondial contre la peine de mort, organisée à Paris. Accueilli dans les locaux de l’Assemblée nationale française, il est intervenu lors d’une séance consacrée à la protection du droit à la vie et à l’abolition de la peine capitale.

Dans une allocution intitulée « Le droit à la vie et l’abolition de la peine de mort en Haïti : un engagement à préserver », Me Jean Wilner Morin a rappelé que le droit à la vie constitue le socle de l’ensemble des droits humains. Il a souligné que ce principe est consacré par les principaux instruments internationaux relatifs aux droits de la personne et qu’il impose aux États l’obligation de protéger chaque individu contre toute privation arbitraire de la vie.

Abordant le cas d’Haïti, le Protecteur du Citoyen a rappelé que la peine de mort a été définitivement abolie par l’article 20 de la Constitution du 29 mars 1987, avant d’être définitivement retirée de l’ordre juridique haïtien par le décret du 30 juin 1988. Selon lui, cette décision constitue une avancée majeure dans la protection des droits fondamentaux.

Toutefois, Me Jean Wilner Morin a mis en garde contre les nombreuses menaces qui continuent de peser sur le droit à la vie en Haïti. Il a évoqué la crise sécuritaire persistante, la prolifération des groupes armés, les violations répétées des droits humains ainsi que les faiblesses du système judiciaire. D’après lui, ces facteurs alimentent un climat d’impunité favorisant les exécutions extrajudiciaires, les lynchages et d’autres formes de justice populaire incompatibles avec les principes de l’État de droit.

Le Protecteur du Citoyen a insisté sur le fait que la protection du droit à la vie ne saurait se limiter à l’abolition de la peine capitale. Elle suppose également la prévention des exécutions sommaires, la poursuite des auteurs de violations des droits humains, la lutte contre l’impunité et la garantie d’un accès effectif à la justice pour toutes les victimes.

En conclusion, Me Jean Wilner Morin a estimé que le principal défi d’Haïti demeure le renforcement de l’État de droit à travers la reconstruction d’un système judiciaire indépendant, accessible et efficace. Il a réaffirmé que le respect du droit à la vie reste une condition essentielle à la consolidation de la démocratie, à la protection des droits humains et au rétablissement de la confiance des citoyens dans les institutions publiques.

Jean Daniel PIERRE

GPL Media Libre

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