A la découverte du Cap-Vert, ce petit pays qui fait sensation à la Coupe du monde
Ils sont peu nombreux. Ils vivent dispersés sur dix îles volcaniques battues par les vents de l’Atlantique. Leur territoire ne couvre que 4 033 km². Pourtant, à la Coupe du monde, le Cap-Vert est en train de faire parler de lui bien au-delà de ses frontières.
Comme David face à Goliath, ce petit État insulaire d’Afrique de l’Ouest défie les géants du football mondial et attire l’attention de la planète. Derrière cette réussite sportive se cache l’histoire fascinante d’un pays dont le destin a toujours été marqué par la résilience, l’ouverture au monde et la capacité à transformer les défis en opportunités.
Situé à environ 600 kilomètres des côtes du Sénégal et de la Mauritanie, le Cap-Vert, ou Cabo Verde, est un archipel composé de dix îles principales au cœur de l’océan Atlantique. Sa capitale, Praia, se trouve sur l’île de Santiago, la plus vaste de l’archipel avec ses 991 km². À l’opposé, Brava, la plus petite île, ne mesure que 67 km².
Une histoire qui dépasse largement sa taille géographique
Au XVe siècle, cet archipel alors inhabité attire l’attention des navigateurs portugais. En 1456, l’explorateur vénitien au service du Portugal, Alvise Cadamosto, découvre plusieurs îles. Dans les années suivantes, Diogo Dias, Diogo Afonso et Antonio Noli poursuivent l’exploration de l’archipel. La découverte du Cap-Vert est souvent attribuée à Antonio Noli, navigateur génois que le roi Alphonse V du Portugal nommera plus tard gouverneur des îles.
En 1462, les Portugais fondent sur l’île de Santiago la colonie de Ribeira Grande, aujourd’hui connue sous le nom de Cidade Velha. Cette cité entre dans l’histoire comme la première ville européenne permanente établie sous les tropiques africains et la première ville européenne en Afrique subsaharienne, l’étendue du continent africain au sud du Sahara.
À mesure que les routes maritimes se développent, le Cap-Vert devient une étape stratégique entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques. L’archipel se transforme alors en un important carrefour commercial, mais aussi en une plaque tournante de la traite négrière transatlantique, l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire mondiale.
De cette longue présence portugaise subsiste aujourd’hui un héritage culturel profondément ancré. Le portugais demeure la langue officielle de l’État et de l’administration. Cependant, dans les rues de Praia, sur les marchés de Mindelo ou dans les villages des îles, c’est le créole capverdien, le kriolu, qui constitue la langue maternelle de la quasi-totalité de la population.
Le Cap-Vert est ainsi le fruit d’un métissage unique entre l’Afrique, l’Europe et l’Atlantique. Sa musique, sa culture, sa gastronomie et son identité témoignent de cette rencontre des mondes.
Aujourd’hui, alors que ses athlètes brillent sur la scène mondiale à la 23e édition de la Coupe du monde, le pays offre une autre leçon : celle d’une nation qui refuse d’être définie par sa taille. Car si le Cap-Vert est petit par sa superficie, il est immense par son histoire, sa culture et son ambition.
À la Coupe du monde, les exploits sportifs des Capverdiens contre l’Espagne (0-0) et l’Uruguay (2-2) ne sont finalement que le prolongement d’une histoire commencée il y a plus de cinq siècles, l’histoire d’un archipel qui, depuis le milieu de l’Atlantique, n’a jamais cessé de regarder vers l’horizon.
Ce vendredi 27 juin, le Cap-Vert écrit une nouvelle page de son histoire. Malgré un troisième match nul consécutif, cette fois face à l’Arabie saoudite (0-0), vendredi à Houston, les Requins Bleus décrochent leur toute première qualification pour les huitièmes de finale d’une Coupe du monde. Les Cap-Verdiens ont profité de la victoire de l’Espagne face à l’Uruguay (1-0) pour terminer à la deuxième place du groupe avec trois points. Ils retrouveront désormais l’Argentine de Lionel Messi au prochain tour.
Bazelais LAGUERRE
