Face au grand banditisme, l’Exécutif promet des mesures renforcées

Face au grand banditisme, l’Exécutif promet des mesures renforcées

Le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Patrick Pélissier, assurant l’intérim à la Primature en l’absence du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, a présidé une réunion stratégique de haut niveau consacrée au renforcement de la sécurité nationale et à la consolidation de la stabilité institutionnelle.


Autour de la table figuraient le Haut Commandement de la Police nationale d’Haïti (PNH), des représentants de l’État central, ainsi que le maire principal de Delmas, Wilson Jeudy. Selon les autorités, cette rencontre visait à améliorer la coordination entre les instances nationales et locales face à la dégradation du climat sécuritaire.

Sur instruction du chef du gouvernement, plusieurs directions stratégiques de la PNH ont participé aux échanges, notamment la Direction générale, la Direction centrale de la Police judiciaire, la Direction centrale de l’Administration et de la Police, ainsi que les Directions départementales de l’Ouest 1 et 2. Les discussions ont porté sur l’optimisation du déploiement des patrouilles mobiles et des points fixes, l’intensification des opérations de prévention et de répression dans les dix départements géographiques, et le renforcement de la présence policière à travers l’augmentation des antennes et postes avancés.

Cependant, concernant la Direction départementale de l’Ouest, la situation demeure particulièrement préoccupante à l’entrée sud de la capitale. Les communes de Gressier, Carrefour ainsi qu’une partie de Port-au-Prince seraient toujours sous le contrôle total de groupes armés. Tous les commissariats de cette zone sont vidés de leurs policiers, contraints d’abandonner les locaux face à la pression des gangs.
Le long de la route nationale numéro 2, plus d’une dizaine de postes de péage illégaux auraient été érigés, imposant aux usagers des contributions forcées et renforçant l’emprise des groupes criminels sur cet axe stratégique reliant la capitale au Grand Sud.

Le gouvernement entend néanmoins affermir le contrôle interne des troupes, garantir une identification stricte et visible des agents, et accroître les opérations ciblées de contrôle routier et de perquisition sur la base de renseignements jugés fiables. Ces mesures, précise le communiqué, visent à restaurer l’autorité de l’État, protéger les vies et les biens, et neutraliser les réseaux criminels, dans le respect de la loi et des droits fondamentaux.

Les autorités ont par ailleurs insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite avec la population, considérée comme un partenaire clé dans la lutte contre l’insécurité. Les mécanismes d’alerte en cas d’enlèvement ou d’activités suspectes devraient être renforcés, tandis qu’une meilleure synergie entre forces de l’ordre, autorités judiciaires et collectivités territoriales est annoncée afin de rétablir un climat de confiance.

Dans un contexte marqué par la persistance des violences armées dans plusieurs zones du pays, cette réunion se veut un signal de fermeté. L’Exécutif réaffirme sa détermination à éradiquer le grand banditisme et rappelle que la restauration de la sécurité demeure une condition essentielle à l’organisation d’élections générales libres, transparentes et crédibles sur l’ensemble du territoire national.

Dans les faits, ces annonces viennent s’ajouter à une longue série de promesses déjà formulées au plus haut niveau de l’État. Sur le terrain, l’entrée sud de la capitale demeure sous l’emprise des groupes armés, les commissariats restent désertés et les postes de péage illégaux continuent de fonctionner en toute impunité. Entre déclarations solennelles et réalité quotidienne, l’écart persiste.

La population, prise en étau entre violences, déplacements forcés et paralysie économique, attend désormais autre chose que des réunions stratégiques et des communiqués rassurants. Plus que des mots, elle réclame des résultats concrets, visibles et durables. Car à mesure que l’insécurité s’enracine, chaque promesse non tenue fragilise davantage la crédibilité de l’État et érode un peu plus l’espoir national qu’il affirme vouloir restaurer.

Jean Daniel PIERRE

GPL Media Libre

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