Assassinat d’Éric Jean Baptiste : deux ans déjà, la justice reste muette

Assassinat d’Éric Jean Baptiste : deux ans déjà, la justice reste muette

Éric Jean Baptiste, ancien secrétaire général du Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes (RDNP) et candidat à la présidence d’Haïti, a été assassiné le 28 octobre 2022, un crime qui a secoué le pays. Reconnu pour son engagement politique sincère et sa lutte contre la corruption, cet homme d’affaires respecté et irremplaçable a laissé un vide immense, non seulement au sein de son parti, mais également dans le paysage politique haïtien.

Les circonstances tragiques de sa mort sont révélatrices de la situation sécuritaire en Haïti. Le propriétaire de Père Éternel Lotto a été criblé de balles par des hommes armés sur la route menant à son domicile à Laboule 12, et son garde du corps a perdu la vie lors de cette attaque. Ce dernier n’était pas à sa première tentative d’assassinat, ayant déjà échappé à un attentat en octobre 2018, alors qu’il conduisait ses enfants à l’école. Cette expérience aurait dû être un signal d’alarme sur la menace qui pesait sur sa vie, mais malheureusement, la violence l’a finalement rattrapé.

La lenteur de la justice haïtienne dans ce dossier est alarmante. Deux ans après cet acte odieux, il n’y a eu aucune arrestation, aucun rapport d’enquête n’a été publié, et le silence persiste autour de la tragédie. Le président du RDNP, Wadner Édouard, a souligné lors d’une déclaration faite le 26 octobre 2023 au micro de Radio Magik9, qu’il n’y a pas eu d’avancée significative dans l’enquête.

« Nous constatons un manque d’intérêt au niveau des organes judiciaires ou policières », a-t-il déclaré, témoignant de la frustration ressentie par le parti face à l’inaction des autorités. Bien qu’il y ait eu des prélèvements sur la scène de crime, ces efforts n’ont pas abouti à des résultats concrets.

Le seul développement notable a été l’accusation de Ti Makak, le chef de gang de Laboule 12, comme étant impliqué dans l’assassinat. Ce dernier est décédé en avril 2023, des suites de blessures reçues lors d’une opération policière. Pourtant, cela laisse encore des questions en suspens : la justice a-t-elle été rendue pour l’ancien candidat à la présidence ? Était-il réellement l’assassin ? La mort de Ti Makak résout-elle le mystère de son meurtre ou renforce-t-elle les doutes sur l’absence d’une enquête sérieuse ? Les interrogations demeurent sans réponse.

Éric Jean Baptiste n’était pas qu’un homme politique ; il représentait l’espoir d’un avenir meilleur pour Haïti. Son engagement à dénoncer la corruption, notamment en ce qui concerne le Fonds Petro Caribe, le plaçait en position d’ennemi pour ceux qui profitaient du système. En critiquant ouvertement la classe politique, il a mis en lumière les travers de plusieurs gouvernements, rendant son élimination d’autant plus troublante.

En ce sens, il est impératif que les autorités haïtiennes prennent des mesures concrètes pour faire la lumière sur son assassinat. La mémoire de cet homme d’affaires, ainsi que le combat qu’il a mené, ne doivent pas être relégués aux oubliettes.

Trop de gens sont morts pour rien, sans que la justice ne soit faite. Même les animaux, dans d’autres pays, bénéficient d’une justice. Pourquoi, en Haïti, nos vies ne représentent-elles rien ? Cette indifférence face à la violence qui gangrène notre société ne peut plus durer. Chaque jour, des innocents sont abattus, des familles sont dévastées, et pourtant, les responsables échappent à toute forme de responsabilité.

Haïti mérite mieux, et nous devons exiger la justice pour tous ceux dont la vie a été interrompue prématurément. Il est temps de redonner de la valeur à nos vies et d’exiger que chaque assassinat, chaque acte de violence, soit traité avec le sérieux qu’il mérite.

Steve Luc PIERRE

GPL Media Libre

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