Deux ans après la chute de Gressier, la commune montre de nouveaux signes d’activité
Le 10 mai dernier a marqué les deux ans depuis l’envahissement de la commune de Gressier par le gang armé « 103 Zonbi ». Deux années durant lesquelles la commune est devenue l’un des symboles de l’effondrement sécuritaire dans le département de l’Ouest.
Mais depuis quelques jours, Gressier revient au centre de l’actualité avec une série de mouvements observés sur le terrain. Le samedi 16 mai 2026, deux nouveaux véhicules blindés sont arrivés à la base SWAT de la commune afin de renforcer le dispositif sécuritaire. Cette livraison intervient dans un contexte où les autorités tentent d’augmenter les capacités d’intervention des forces de l’ordre face à l’insécurité qui continue de gangrener plusieurs régions du pays.
Au cours du même week-end, une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux a montré la construction d’un nouveau commissariat dans la localité de Santo. L’ancien bâtiment, situé en face de la mairie de Gressier, avait été incendié puis détruit par les groupes armés lors de leur prise de contrôle de la commune. Les images montraient notamment un ouvrier en train de peindre les nouvelles installations, signe que la police a été contrainte de délocaliser ses opérations.
En début de semaine, d’autres séquences ont circulé en ligne. À hauteur du carrefour de Garde-Gendarme, des habitants accompagnés de policiers ont été aperçus en train de démolir plusieurs murs érigés par les gangs sur la Route nationale #2 pour servir de barricades. Ces scènes ont attiré l’attention, puisqu’elles témoignent d’un retour progressif des forces de l’ordre dans des espaces devenus inaccessibles depuis plusieurs mois.
Ce mardi 19 mai 2026, une nouvelle vidéo a également suscité de nombreuses réactions. On y voyait des membres de la population filmer les ruines de l’ancien commissariat ainsi que les locaux de la mairie, aujourd’hui complètement détruits et envahis par la végétation. Des images frappantes qui illustrent l’ampleur des dégâts laissés par les groupes armés dans la commune.
Ces différentes actions divisent toutefois l’opinion. Pour certains habitants, il s’agit surtout d’une opération de communication, surtout après les déclarations du ministre de la Défense, Mario Andrésol, qui avait affirmé que « le problème de Gressier est politique ». D’autres, au contraire, se réjouissent de voir la police et certains citoyens retourner dans des zones où aucune présence des autorités n’avait été observée depuis longtemps.
Jusqu’à présent, ces avancées se déroulent sans affrontement direct avec le gang « 103 Zonbi », qui conserve toujours le contrôle d’une grande partie de la commune.
Steeve Luc PIERRE
