Eaux contaminées: Port-au-Prince boit le danger
À Port-au-Prince, l’eau n’est plus une source de vie. Elle est devenue un vecteur de maladies, voire un poison, consommé chaque jour par une population qui n’a souvent aucune autre option. Dans la capitale, ce poison circule librement, en sachets plastiques, en bouteilles, etc.
L’alerte est venue du plus haut niveau de l’Etat. C’est le ministre du commerce et de l’Industrie lui-même qui a confirmé que la population est en danger, car, « plus de 92% des sachets d’eau [consommés à Port-au-Prince et ses environs] ne sont pas conformes aux normes de consommations. »
L’étude de la Direction du contrôle de la qualité et de la protection du consommateur du MCI révèle une réalité encore plus grave : les kiosques de revente et de traitement d’eau, tout comme les gallons, sont massivement impropres à la consommation. Des statistiques qui donnent froid dans le dos : 96,7 % des kiosques de revente analysés sont de qualité insuffisante et 100 % des kiosques de traitement et des gallons sont non conformes.
Seules les bouteilles industrielles échappent partiellement au désastre, avec 6,7 % hors normes. Autrement dit, les deux principaux moyens d’accès à l’eau pour la majorité de la population sont contaminés, dans un marché où des entreprises opèremt en dehors de toute reconnaissance officielle de l’Etat.
Pendant ce temps, l’alerte est lancée. Mais, le danger reste intacte: pas de fermeture de kiosques incriminés, pas de plan d’urgence pour fournir de l’eau potable à la population, surtout aux quartiers populaires, encore moins de campagne de sensibilisation. La contamination collective, silencieuse, continue. Par faute d’information, ou tout simplement par absence d’alternative.
« Au de là des chiffres [glaçants], il s’agit du bien-être de la population », a déclaré le ministre. Cependant, ce bien-être ne peut pas être garanti par des mots. Mais, par des actes. Jusqu’à quand la fin de cette irresponsabilité?
Peterson Luxama
