Le carnaval de Jacmel de 2025, au carrefour d’un rapport Marmotté jamais rendu public

Le carnaval de Jacmel de 2025, au carrefour d’un rapport Marmotté jamais rendu public

 Jacmel, ville de lumière, cité de sel et de papier mâché, porte dans ses veines un carnaval qui dépasse la simple fête, c’est un patrimoine. Ici, le masque n’est jamais qu’un déguisement : il est mémoire, satire, cri et poésie. Pourtant, comme toute grande épopée, le carnaval jacmélien a connu ses zones d’ombre, ses dérives et ses silences embarrassés.

 Nous sommes en 2025. Le carnaval de Jacmel, pourtant destiné à être orchestré par la mairie, glissa entre les mains d’un petit groupe agissant presque en huis clos, sous le regard impuissant de la mairesse assesseure, Loudie César, réduite au rôle ingrat de spectatrice d’un spectacle qu’elle n’avait pas mis en scène.

Ce glissement laissa derrière lui une trainée de remous et d’inquiétudes. Très vite, la rumeur enfla, prit corps, se fit accusation : détournement de fonds, gestion opaque, carnaval confisqué au peuple. Des avis de recherche furent lancés. Jules André fut arrêté, incarcéré, pendant qu’un autre nom, bien connu de la sphère culturelle et littéraire, Ilrik Perrin(Foukifoura), se retrouvait poursuivi à son tour. Les jours passaient, lourds et incertains, et la justice avançait à pas feutrés, laissant le doute flotter comme un masque sans visage.

 Puis, le théâtre bascule : Jules André est libéré, l’avis de recherche contre Ilrik Perin levé. Sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, un autre carnaval s’organise : celui des mots et des commentaires. Perin y apparaît transfiguré en figure droite, loyale, presque héroïque, comme si la foule virtuelle voulait réparer l’humiliation infligée à ce fils de Grand-Gosier. Pendant ce temps, Frantz Magellan Pierre-Louis, président de ce fameux comité d’alors, panique. La scène s’éteint dans un brouillard de silences, sans mot final pour clore l’histoire. 

 Ainsi, le carnaval de 2025 s’acheva dans un flou quasi-total, sans bilan officiel, sans rapport public, comme si la fête avait traversé la ville sans jamais laisser de traces concrètes derrière elle, permettant aux divers quartiers et recoins de la ville de s’exprimer, de disculper ou d’accuser, selon l’angle ou ils se tiennent dans cette scène énigmatique. Les décisions, les dépenses, les réussites et les échecs demeurent suspendus dans l’air, confinés aux souvenirs de quelques acteurs, tandis que la population et les institutions restent dans l’expectative. Cette absence de suivi, de compte rendu ou de conclusion formelle laisse planer un doute sur la gestion de l’événement et les leçons à en tirer. 

 Voila pour cette année 2026, le carnaval s’installe enfin dans son cadre légitime, orchestrée par la mairie, prêtea guider la fête, a en restaurer la mémoire et a en faire résonner la clarté et la structure au cœur de la ville.

Nouveau comité! Nouvelle dynamique! Nouvel espoir!

Des rencontres sont organisées avec les acteurs culturels, des conférences de presse se tiennent, les journalistes sont conviés, les artistes consultés. L’intention est claire : remettre de l’ordre dans la fête, réconcilier le carnaval avec ses racines institutionnelles et populaires. Les premiers pourparlers sont engagés. Les discussions s’annoncent plus inclusives. La mairie, cette fois, semble décidée à assumer pleinement son rôle de chef d’orchestre, non pas en soliste autoritaire, mais en gardienne du tempo collectif.

Entre une meilleure structuration des comités, unetransparence accrue dans la gestion et une valorisation renforcée des artisans, plasticiens, musiciens et dramaturges de rue, les perspectives s’annoncent trèsprometteuses pour ce 2026.

 Alors que la ville retient son souffle à l’approche de la saison carnavalesque dont le lancement officiel étaitprévu le dimanche 11 janvier, Pourtant, un léger décalage s’invite au décor! Le lancement officiel est finalement fixe au 18 janvier, comme une plume portéepar le vent, sans qu’aucune explication précise ne vienne en fixer la trajectoire.

 Si 2025 fut une année de transition, parfois bancale, elle peut devenir le pont nécessaire entre les dérives d’hier et l’exigence de demain. Le carnaval de 2026 a l’opportunité d’être plus qu’une fête : un récit réconcilié, un voyage fantastique où chaque masque raconte une vérité, où chaque pas de danse répare une fracture, où la ville entière respire à l’unisson.

Jacmel attend. Sous les balcons, les couleurs sommeillent déjà. Les tambours retiennent leur souffle. Et dans le silence qui précède la fête, une question danse encore : Et si 2026 était enfin l’année où le carnaval retrouverait toute sa noblesse?

La mairie, désormais au centre de la scène, a rendez-vous avec l’Histoire. À elle d’écrire, cette fois, un carnaval qui ne se Mazmotte plus,…pardon! qui ne se marmotte plus, mais qui se proclame haut et fort, comme un poème lancé à la mer.

Bazelais LAGUERRE

GPL Media Libre

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