Rouvrir l’entrée sud : Mario Andrésol promet en un mois ce que l’État n’a pas pu faire en quatre ans

Rouvrir l’entrée sud : Mario Andrésol promet en un mois ce que l’État n’a pas pu faire en quatre ans

La promesse est forte, le défi immense. Le secrétaire d’État à la Sécurité publique, Mario Andrésol, affirme vouloir rouvrir l’entrée sud de la capitale en moins d’un mois, là où l’État haïtien peine depuis plus de quatre ans à rétablir son autorité. Un pari audacieux, alors que des communes stratégiques comme Port-au-Prince, Carrefour et Gressier demeurent sous le contrôle de plusieurs groupes armés, lourdement armés et agissant de manière coordonnée.

Invité de l’émission Panel Magik sur Radio Magik9, le mercredi 7 janvier 2026, Mario Andrésol s’est montré catégorique : « Port-au-Prince n’est pas tombée et ne tombera pas ». Face aux inquiétudes croissantes liées à l’insécurité et à l’emprise persistante des groupes armés, le responsable gouvernemental a tenu à rassurer la population, évoquant une stratégie de reconquête progressive de la capitale.

Selon lui, les autorités sont actuellement engagées dans des opérations visant la reprise du centre-ville de Port-au-Prince, tout en préparant la réouverture des principaux axes routiers reliant la capitale au Sud et au Nord du pays. Ces actions, a-t-il précisé, devraient aboutir avant le 7 février 2026, une date symbolique dans l’agenda politique national.

L’entrée sud de Port-au-Prince représente aujourd’hui l’un des verrous sécuritaires les plus complexes du pays. Depuis juin 2021, cette zone est pratiquement coupée du reste du territoire, notamment après les violences à Martissant qui ont provoqué le déplacement forcé de milliers de familles et la prise de contrôle durable de l’axe par des groupes armés. Depuis, ni les autorités civiles ni les forces de l’ordre n’ont réussi à rétablir une circulation normale entre la capitale et le Grand Sud.

Pour justifier son optimisme, Mario Andrésol met en avant une amélioration significative de la coordination entre les forces de sécurité. Il salue la cohésion renforcée entre la Police nationale d’Haïti (PNH), les Forces armées d’Haïti (FAD’H), la Force de suppression des gangs (FSG) et la Task Force, une synergie qu’il considère comme un tournant décisif dans la lutte contre l’insécurité.

Cette coordination accrue, selon le secrétaire d’État, permettrait d’intensifier les opérations contre les groupes armés tout en restaurant progressivement l’autorité de l’État dans des zones longtemps laissées à l’abandon. Un discours volontariste qui contraste avec les échecs répétés des précédentes tentatives de sécurisation, souvent freinées par le manque de moyens, de continuité stratégique et de volonté politique.

Si la promesse de rouvrir l’entrée sud de la capitale en un mois suscite l’espoir chez certains, elle alimente aussi le scepticisme d’une population échaudée par des années d’annonces sans résultats durables. Dans des communes comme Carrefour ou Gressier, où la vie quotidienne reste soumise aux décisions de groupes armés, la parole de l’État est désormais jugée à l’aune des actes.

À moins d’un mois de l’échéance annoncée, la stratégie de Mario Andrésol sera scrutée de près. Plus qu’une opération sécuritaire, la réouverture de l’entrée sud de Port-au-Prince constituerait un test majeur pour la crédibilité de l’État haïtien et sa capacité à reprendre le contrôle d’un territoire fragmenté par des années de violence et d’abandon.

Jean Daniel PIERRE

GPL Media Libre

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