Apaid et Baker, deux poids lourds du secteur privé, entendus par le BLTS
Deux poids lourds du secteur privé haïtien, Andy Apaid et Charles Henry Baker, ont été entendus ce mardi 25 novembre 2025 par le Bureau de Lutte contre le Trafic de Stupéfiants (BLTS). Une audition annoncée à travers une note de presse particulièrement laconique de la Direction de Communication de la Police (DICOP), alors même que les deux entrepreneurs se retrouvent déjà au cœur d’intenses controverses publiques.
Depuis plusieurs semaines, le nom d’Andy Apaid occupe le devant de l’actualité. Des vidéos diffusées par le gang 400 Mawozo, dirigé par Lanmò San Jou, montrent des individus présentant comme de la drogue des produits prétendument découverts dans un champ appartenant à l’homme d’affaires, situé à Croix-des-Bouquets. Ces enregistrements, impossibles à vérifier de manière indépendante, ont alimenté de vives spéculations et ravivé la méfiance envers les élites économiques du pays.
À cela s’ajoutent des allégations non vérifiées de trafic d’organes, qui circulent depuis plusieurs jours et contribuent à densifier un climat déjà lourd. Dans un environnement où les rumeurs circulent plus vite que les communiqués officiels, le manque de clarté des autorités ne fait qu’intensifier la confusion.
C’est pourtant dans ce contexte explosif que le BLTS a auditionné Apaid et Baker dans le cadre d’une procédure judiciaire en cours, sans fournir la moindre précision sur la nature du dossier, l’objectif de l’audition, ni les suites possibles de cette démarche. L’opacité de la communication étonne, surtout lorsqu’il s’agit de personnalités de premier plan souvent perçues comme jouissant d’une certaine intouchabilité.
La DCPJ, via ses structures spécialisées, assure poursuivre ses efforts pour faire toute la lumière sur les dossiers sensibles liés au trafic de stupéfiants. Cependant, la sobriété extrême de son communiqué, informatif mais peu éclairant, laisse planer un sentiment de flou, à l’heure où la population réclame plus que jamais transparence et reddition de comptes.
Dans une période marquée par une crise profonde de confiance envers les institutions, cette audition aurait pu offrir une occasion de restaurer une part de crédibilité. Au lieu de cela, elle s’ajoute à une série d’enquêtes médiatisées mais peu documentées, laissant l’opinion publique dans l’expectative et renforçant l’impression que certaines affaires restent volontairement enveloppées de silence.
Reste à voir si les autorités choisiront, dans les prochains jours, de lever une partie du mystère autour de ce dossier particulièrement sensible. Faute de quoi, cette affaire pourrait rejoindre la longue liste des enquêtes ouvertes avec fracas… puis abandonnées dans l’opacité administrative.
