Jérémie : des juges quittent l’audience en pleine tension, laissant John Cadafy Noël face à la foule en colère

Jérémie : des juges quittent l’audience en pleine tension, laissant John Cadafy Noël face à la foule en colère

L’audience du 22 octobre au tribunal de première instance de Jérémie a tourné à la confusion et à l’indignation. Selon plusieurs témoins sur place, les juges auraient abandonné la salle d’audience alors que la tension montait, laissant le journaliste John Cadafy Noël seul avec ses avocats, des policiers et une foule en colère. Une source judiciaire locale évoque une manœuvre délibérée visant à provoquer un incident afin de justifier un nouvel acte répressif contre le jeune entrepreneur.

Arrêté depuis le 20 juillet sur ordre du commissaire du gouvernement Me Jean Marie Gaetjens Alexandre, John Cadafy Noël est accusé d’avoir participé à la vandalisation du parquet et du bureau du commissaire. Un dossier marqué dès le départ par la controverse, alors que le journaliste affirme n’avoir été qu’un bouc émissaire d’un conflit interne entre une policière et un huissier du parquet. Son arrestation est intervenue peu après la diffusion d’une vidéo dans laquelle il dénonçait un jugement « partial et injuste ».

Malgré ses excuses publiques adressées en août au commissaire et au parquet, et le retrait officiel de la plainte contre lui par acte notarié, la justice de Jérémie maintient l’affaire en suspens. Le commissaire Alexandre justifie cette situation en arguant que « le désistement des plaignants n’efface pas la procédure pénale », une position jugée « hypocrite et abusive » par plusieurs observateurs locaux.

Mais c’est le déroulement de l’audience du 22 octobre qui a profondément choqué l’opinion. D’après des témoins et une source proche du dossier, les juges auraient quitté précipitamment la salle, alors que la tension montait entre la population présente et les forces de l’ordre. Des policiers ont ensuite escorté John Cadafy Noël hors du tribunal, sous les cris de protestation de ses partisans.

Le journaliste, connu pour sa détermination, a déclaré peu après : « Se abi yap fè m. Jij yo sove, se enjistis. Sipòtèm yo pa febli, toujou rete motive, map retounen. »

Ce comportement des magistrats, perçu comme une violation grave de la déontologie judiciaire, suscite une vive indignation dans la ville de Jérémie et au sein de la diaspora haïtienne. Pour plusieurs défenseurs des droits humains, cet incident illustre la dérive inquiétante d’une justice politisée et instrumentalisée.

Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), dirigé par Pierre Espérance, avait déjà dénoncé une procédure « arbitraire » et un « acharnement contre un journaliste critique ». L’organisation estime que les autorités locales cherchent à faire taire une voix libre dans une région où la presse indépendante dérange souvent les intérêts politiques et judiciaires.

John Cadafy Noël, fondateur de la plateforme Découvrir La Grand’Anse, s’est imposé comme un acteur engagé pour la promotion culturelle et touristique de sa région. Son emprisonnement et le traitement que lui réserve la justice suscitent un large mouvement de solidarité, transformant son cas en symbole de la lutte pour une justice équitable et la liberté d’expression en Haïti.

Une nouvelle audience est prévue pour le 24 octobre 2025, dans un climat de tension extrême. Les partisans de Cadafy appellent à une mobilisation pacifique mais craignent que la situation ne dégénère à nouveau.
« Si les juges fuient la justice, qui protège le peuple ? », s’interroge un habitant de Jérémie, témoin de la scène.

GPL Media Libre

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