Téléco libéré à Kenscoff : un coup dur aux gangs, mais la bataille reste entière
Dans la nuit de dimanche à lundi, entre 1 h et 4 h du matin, les forces conjointes de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS) et de la Police nationale d’Haïti (PNH) ont mené une opération coup de poing qui leur a permis de reprendre le poste stratégique de Téléco, à Kenscoff, longtemps tombé sous la coupe des gangs dirigés par l’individu connu sous le nom de « Izo2 » à en croire une note de la MSS.
Les assauts coordonnés ont infligé de lourdes pertes aux groupes armés. Ratissage méthodique, fouilles maison par maison, arrestations de fuyards : tout a été mis en œuvre pour neutraliser les dernières poches de résistance, lit-on dans la note. Plusieurs armes et matériels ont été saisis, désormais placés sous la garde de la PNH. Les principales routes reliant Kenscoff et Téléco, longtemps barricadées, ont été dégagées, rendant la circulation à nouveau possible.
Si le Directeur général de la PNH, Vladimir Paraison, et le commandant de la MSS, Godfrey Otunge, se félicitent d’une victoire symbolique en promettant la fin de « l’impunité des gangs », de nombreux observateurs rappellent que reprendre un territoire n’est pas le plus grand défi : c’est le tenir. Les gangs, affaiblis mais rarement éradiqués, ont souvent repris le terrain après le départ des forces de sécurité, profitant de l’absence d’une présence policière et institutionnelle durable.
La libération de Téléco s’ajoute à une série d’opérations récentes qui visent à redonner confiance à une population épuisée par la violence. Mais sur le terrain, les habitants de Kenscoff et des environs savent que la stabilité ne se décrète pas en une nuit d’opération. Elle exige un suivi constant, des ressources humaines et logistiques, et surtout une volonté politique claire.
En remerciant les résidents pour leur coopération et leur résilience, la PNH et la MSS ont promis une protection continue. Une promesse que les communautés locales, maintes fois trahies par des annonces sans lendemain, attendent désormais de voir transformée en réalité.
Jean Daniel PIERRE
