Fritz Alphonse Jean contre-attaque ses collègues du CPT sur le dossier CPS

Fritz Alphonse Jean contre-attaque ses collègues du CPT sur le dossier CPS

Le climat au sein du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) devient de plus en plus tendu. Deux jours après la publication par le Bureau de communication de la Présidence d’une note de clarification sur le dossier controversé de Caribbean Port Services (CPS), le président du CPT, Fritz Alphonse Jean, est monté au créneau pour désavouer ses propres collègues et dénoncer ce qu’il qualifie de manœuvre illégitime et dangereuse.

Dans un avis cinglant publié par son bureau, Fritz Alphonse Jean s’est dit « insurgé » contre la note diffusée le 4 août dernier, qui affirmait que le contrat entre l’État haïtien et la société CPS avait été conclu dans la légalité et la transparence, avec des privilèges accordés à la société justifiés par ses investissements portuaires.

Dans sa riposte, le président du CPT affirme ne pas avoir été consulté sur cette note, qui est pourtant censée représenter la position de l’institution qu’il dirige. Pire encore, il soutient qu’elle a été publiée contre son gré, malgré ses objections formelles, et uniquement grâce à des menaces de révocation proférées à l’encontre du personnel du bureau de communication. Il parle d’une pression exercée par des membres du CPT sur le Secrétariat général de la Présidence pour forcer la main à des cadres qui refusaient d’agir sans son aval.

Fritz Alphonse Jean ne se contente pas de dénoncer la méthode : il attaque aussi le fond du document. Pour lui, cette note constitue un « blanc-seing » politique donné à un dossier sensible, qui devrait pourtant être soumis à l’analyse des organes juridiques et financiers compétents, comme la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA). Il souligne que sans un avis juridico-légal, l’octroi d’un bail de 27 ans à la CPS, au lieu des 9 années habituelles, pourrait éveiller des soupçons de corruption.

« Le CPT n’a pas compétence pour produire un tel avis. Ce texte a été conçu par certains de ses membres, puis publié sous menace », accuse-t-il.

Le président du CPT rejette avec fermeté toute tentative de l’associer à ces « manœuvres » et réaffirme son exigence d’obtenir du Premier ministre les documents et explications sollicités dans sa lettre du 9 juillet dernier. Il appelle à un nouveau cadre de transparence entre l’État et le secteur privé, dans une vision de paix durable et de création de richesse pour la nation.

À travers cette sortie publique, Fritz Alphonse Jean ne laisse aucun doute : il accuse directement ses collègues du CPT de trahison institutionnelle, de manipulation et d’abus de pouvoir. Ce n’est donc plus un simple désaccord interne, mais une fracture ouverte entre le président et une partie des membres du Conseil.

Une telle confrontation au sommet de l’organe censé assurer la transition politique du pays ne peut qu’inquiéter. Alors que la population fait face à une crise multidimensionnelle : insécurité, instabilité politique, misère. Ce spectacle désolant donné par ses dirigeants ressemble à une guerre d’ego à huis clos.

Dans cette bataille fratricide, les membres d’un même corps se déchirent au lieu de s’unir pour construire des solutions. Fritz Alphonse Jean et ses collègues du CPT, censés incarner la collégialité, la sagesse et le leadership, se livrent à un affrontement public qui décrédibilise davantage les institutions de la République.

Et dans ce chaos politique, le seul véritable perdant, encore une fois, c’est le peuple haïtien, abandonné à lui-même, pris en otage par des luttes de pouvoir là où il espérait un souffle nouveau.

GPL Media Libre

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