Affaire Nenel Cassy : une arrestation qui révèle un vaste scandale financier

Affaire Nenel Cassy : une arrestation qui révèle un vaste scandale financier

Le 2 août dernier, l’ancien sénateur des Nippes, Nenel Cassy, a été arrêté par des agents de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) dans un hôtel à Pétion-Ville. Recherché depuis plusieurs mois pour des faits extrêmement graves, il se retrouve désormais au cœur d’une affaire mêlant soupçons de corruption, accusations criminelles et découverte de documents sensibles liés à des fonds publics. Un dossier lourd de conséquences, dont de nouveaux éléments sont venus s’ajouter aujourd’hui, mercredi 6 août 2025.

Le samedi 2 août 2025, entre 14 h et 15 h, des agents de la DCPJ ont interpellé Nenel Cassy, ancien parlementaire influent, dans un hôtel de Pétion-Ville. Cette arrestation faisait suite à un avis de recherche émis contre lui depuis le 18 février 2025, dans lequel plusieurs infractions particulièrement graves lui étaient reprochées : complot contre la sûreté intérieure de l’État, financement d’organisations criminelles, complicité d’assassinat et association de malfaiteurs.

Bien avant cette arrestation, le nom de Nenel Cassy figurait déjà dans les radars de la justice haïtienne. En novembre 2023, l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) publiait un rapport accablant sur sa situation patrimoniale. Selon les enquêteurs, entre 2016 et 2017, le patrimoine du sénateur avait connu une hausse inexpliquée de plus de 28 millions de gourdes (28 025 470 gourdes). Pire encore, l’ex-parlementaire n’avait jamais rempli sa déclaration de patrimoine, en dépit de l’obligation imposée par la loi du 12 février 2008.

Sur la scène internationale, le Canada avait été le premier à réagir, en annonçant des sanctions à l’encontre de Nenel Cassy le 24 mars 2023. Quelques mois plus tard, le 11 décembre 2023, les États-Unis ont également imposé des mesures, évoquant son implication dans des actes de corruption. Ces sanctions visaient à restreindre sa participation à la vie publique et à dénoncer des pratiques jugées contraires aux normes de transparence.

Mais c’est aujourd’hui, mercredi 6 août 2025, que l’affaire a franchi un nouveau seuil. La DCPJ fait état d’éléments découverts à la suite de l’arrestation. En menant une série de perquisitions dans des lieux fréquentés par Nenel Cassy, les enquêteurs se sont rendus dans un hôtel situé à Delmas 40B, identifié sous le nom de Djoune Hôtel.

Dans l’une des chambres, plusieurs documents sensibles ont été retrouvés, dont des copies et souches de chèques du Trésor public, émis au nom de la Caisse d’Assistance Sociale (CAS). Ces chèques, censés couvrir des subventions, primes, ou encore cartes de débit pour l’alimentation, ont été délivrés à divers bénéficiaires.

Deux de ces chèques, datés du 18 juillet 2025, ont particulièrement retenu l’attention des enquêteurs : le premier d’un montant de 7 315 000 gourdes et le second de 3 582 750 gourdes.

Selon une source auprès de la DCPJ, un échantillon de 39 chèques supplémentaires a été retrouvé, pour un montant total estimé à 3 435 000 gourdes, avec des valeurs variant entre 75 000 et 200 000 gourdes. L’ensemble de ces chèques aurait été émis au nom de la CAS, sous les administrations d’Elionor Devallon et de l’équipe actuelle.

Alors que la DCPJ poursuit son enquête, les révélations autour de l’ex-sénateur Nenel continuent de s’accumuler. Entre accusations criminelles, enrichissement inexpliqué et découverte de documents financiers suspects, l’affaire dépasse le cadre individuel. Elle remet en cause, une fois de plus, le fonctionnement de l’appareil public haïtien et l’opacité qui entoure la gestion des ressources de l’État.

Dans une société à bout de souffle, ce type de scandale soulève une question : qui protège les intérêts du peuple haïtien, quand ceux qui devraient le représenter sont eux-mêmes au cœur du soupçon ?

GPL Media Libre

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