Fritz Alphonse Jean désavoué par le CPT après une initiative jugée unilatérale sur le dossier CPS
Le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a publié le lundi 4 août une note officielle de clarification sur le dossier de la Caribbean Port Services (CPS), mettant en lumière une divergence notable au sein même de l’institution. Cette communication prend à contre-pied la démarche de son président, Fritz Alphonse Jean, qui avait sollicité des explications auprès du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé concernant le contrat liant la CPS à l’État haïtien.
Tout remonte au 9 juillet 2025, lorsqu’une lettre officielle signée par Fritz Alphonse Jean a été adressée au chef du gouvernement. Le président du CPT y exprimait son inquiétude quant à un contrat de renouvellement entre l’État haïtien, via l’Autorité Portuaire Nationale (APN), et la société CPS. Selon les informations dont il disait disposer, ce contrat s’étendrait sur une durée supérieure à vingt-cinq ans, ce qui excéderait largement les neuf années traditionnellement accordées pour de tels partenariats. Dans sa correspondance, il affirmait que le CPT n’était pas informé du dossier, et réclamait, en annexe, la copie des documents contractuels, anciens comme nouveaux.
Cependant, la note du 4 août 2025 publiée par le CPT apporte un éclairage tout autre, révélant que l’ensemble des clarifications nécessaires avait déjà été obtenu, notamment à travers une rencontre tenue le 28 juillet entre le Conseil et deux représentants de la CPS, Philippe Coles et Edouard Baussan.
Dans ce document, le CPT affirme avec fermeté que le contrat en question, renouvelé le 4 décembre 2023, a été conclu dans le strict respect des lois haïtiennes, conformément aux décrets du 7 avril 1978, du 15 mars 1985 et du 22 septembre 1964, régissant les relations entre l’État et les fermiers du domaine privé. Les privilèges accordés à la CPS, dont le droit d’affermage des terres pour trois périodes successives de neuf ans, sont justifiés, selon la note, par l’ampleur des investissements consentis dans les infrastructures portuaires. Ces investissements nécessitent un amortissement sur le long terme, ce qui explique, selon les autorités, la durée du contrat.
Ce communiqué officiel sonne comme un désaveu clair et public du président du CPT par l’institution elle-même, dont il est pourtant le principal représentant. En publiant cette mise au point, le Conseil prend ses distances avec la démarche solitaire de Fritz Alphonse Jean, accusé d’avoir agi sans concertation, ce qui a contribué à semer la confusion dans l’opinion publique.
Ainsi, le CPT se démarque de la position de son président, affirmant que le dossier a été traité en toute transparence, dans le respect des cadres juridiques en vigueur, et qu’il ne mérite pas les suspicions soulevées par la lettre du 9 juillet.
Cette situation soulève des questions sur la gouvernance interne du Conseil Présidentiel de Transition et révèle une fracture institutionnelle inquiétante, alors même que ce dernier est censé incarner la stabilité et l’unité dans une période politique particulièrement sensible.
