Carrefour: Les examens du baccalauréat se déroulent sans encadrement policier pour la deuxième année consécutive
Ce lundi 14 juillet 2025, les élèves du Nouveau secondaire 4 (NS4) ont entamé leurs examens officiels dans la commune de Carrefour, dans un climat de méfiance généralisée. Une semaine après les graves irrégularités ayant entaché les épreuves de la 9e année fondamentale, la même inquiétude plane sur le déroulement de ces nouvelles évaluations.
La fraude constatée lors des examens de la semaine précédente avait atteint un niveau rarement égalé : distribution des épreuves dans la rue, surveillance laxiste voire inexistante. Des scènes troublantes ont été rapportées dans plusieurs quartiers de la commune, notamment à Thor, Mahotière, Diquini et Bizoton.
Ce chaos est le reflet d’une réalité plus profonde : la police nationale d’Haïti est totalement absente de Carrefour depuis plus d’un an. C’est donc pour la deuxième année consécutive que les examens d’État s’y tiennent sans aucune présence policière. Un vide sécuritaire qui alimente l’anarchie et jette le discrédit sur tout le processus d’évaluation académique.
Malgré ce contexte délétère, les élèves se sont mobilisés en grand nombre pour tenter de passer leurs épreuves. « Nou etidye, nou pare. Men li tris pou nou wè jan tout bagay fasil pou moun ki pa vle fè efò », déclare Ruth, une élève de 18 ans rencontrée devant un centre d’examen à Bizoton. Dans plusieurs établissements, les surveillants se disent dépassés par les manœuvres de tricherie organisées.
De leur côté, les autorités éducatives n’ont pas annoncé de mesures correctives. Le silence du Ministère de l’Éducation nationale face aux irrégularités de la semaine précédente inquiète. Des acteurs de la société civile dénoncent l’indifférence de l’État, accusé de « saboter les fondements mêmes de l’école publique ».
Dans un pays où l’école reste l’un des derniers espoirs pour des milliers de jeunes, la perte de crédibilité des examens officiels pourrait avoir des conséquences dévastatrices. Mais à Carrefour, comme ailleurs, les élèves continuent d’avancer, parfois seuls, face à un système qui semble les avoir abandonnés.
