Péripéties des élèves de la Croix-des-Bouquets inscrits sur le district de Ganthier aux examens officiels
Le lundi 29 juin marque le début des examens officiels de l’année académique 2024-2025 pour la 9eme année fondamentale, classe qui boucle le cycle fondamental dans le système éducatif haïtien. Cependant, depuis plusieurs années, le déroulement des examens officiels n’est pas chose aisée pour les élèves de la Croix-des-Bouquets, notamment, ceux qui sont inscrits sur le district de Ganthier.
Malgré le contexte sécuritaire alarmant, des milliers d’écoliers dans tout le pays sont déterminés à subir et à réussir cet examen quoi qu’il en coûte, et les élèves évoluant à la Croix-des-Bouquets n’y font pas exception.
Tôt dans la matinée du lundi, des centaines d’élèves accompagnés de leurs parents ont traversé le carrefour Marassa, qui, la veille était impraticable en raison des tirs persistants entre les forces de l’ordre et les hommes lourdement armés qui occupent ce lieu depuis belle lurette, dans l’objectif de marquer leur participation à cet épreuve académique nationale.
En dépit de ces efforts courageux et fiers de ces élèves, ils étaient parvenus à parcourir les rues de Tabarre d’un siège à un autre avant de pouvoir accéder à leurs salles d’examen vers les dix heures du matin. Questionnant quelques concernés (parents et élèves), ces élèves sont inscrits sur le district de Ganthier et viennent pour la plupart de Dumay, Roche-Blanche, Turbé et Ganthier pour ne citer que ces zones-là.
Il est clairement mentionné dans leur fiche d’examen, des centres d’examens logés dans des établissements scolaires siégés dans la ville de Croix-des-Bouquets, par contre, ils ont été contraints de se rendre dans d’autres établissements dans la commune de Tabarre pour subir ces épreuves suite à un audio circulant la veille sur WhatsApp émanant d’un haut responsable du processus.
Malencontreusement, arrivés dans certains sièges, ils n’ont pas eu accès à l’espace et ont été référé à d’autres établissements qui apparemment n’attendaient pas leur arrivée étant donné qu’ils n’étaient pas officiellement centre d’examen.
Suite à ces péripéties, ils ont pu finalement pénétrer l’espace vers les dix heures environ pour attendre l’arrivée des surveillants, des superviseurs entre autres, afin de pouvoir passer les épreuves, alors que les examens officiels se déroulent normalement entre huit (8) heures et huit(8) heures et demi.
Selon les parents et les observateurs, chaque année, à chaque examen officiel les évènements se déroulent de la sorte pour les élèves inscrits sur le district de Ganthier depuis la crise sécuritaire gangrenant la Croix-des-Bouquets. Recontactés à la fin des épreuves, le jeudi 3 juillet, ils espèrent uniquement recevoir les résultats de leurs enfants suite à cet examen puisque selon eux, c’est devenu cas courant dans ce district de ne pas recevoir des résultats nonobstant la participation de l’élève à l’épreuve.
En outre, beaucoup de participants affirment que les épreuves étaient à la hauteur de leurs attentes en dépit des interruptions que la violence des gangs a pu causer durant l’année académique. Il advient de rappeler les trois obligations de l’Etat vis-à-vis du droit à l’éducation : Obligation de respecter, de protéger, de mettre en œuvre et ceci même en temps de crise. L’accessibilité de l’éducation n’est pas une faveur mais une obligation étatique.
Delphine Schoubensa OCTAVIUS
