Black-out: le responsable par intérim de la centrale de péligre à l’arrêt claque la porte

Black-out: le responsable par intérim de la centrale de péligre à l’arrêt claque la porte

Dans un contexte tendu marqué par l’arrêt forcé de la centrale hydroélectrique de Péligre, l’ingénieur Jacky Fleurilus, responsable par intérim de l’infrastructure, a présenté sa démission ce 22 mai 2025. Une décision symbolique qui révèle l’ampleur de la crise que traverse le secteur énergétique haïtien.

Dans une lettre brève mais lourde de sens, adressée au directeur général de l’Électricité d’Haïti (EDH), l’ingénieur Jacky Fleurilus a annoncé sa démission du poste de responsable par intérim (AI) de la centrale hydroélectrique de Péligre.

« Je vous informe de ma démission au poste de responsable AI de la centrale hydroélectrique de Péligre », a-t-il écrit ce 22 mai 2025 à l’intention de l’ingénieur Jean-Erol Morose.

Aucune explication détaillée n’a accompagné cette décision, mais le contexte ne laisse que peu de place au doute. Depuis le mardi 13 mai 2025, la centrale est à l’arrêt complet, suite à une opération de blocage menée par plusieurs organisations de la société civile issues de Mirebalais et de Saut d’Eau, deux villes du département du Centre aujourd’hui en proie à des violences armées.

Ce sont des citoyens eux-mêmes qui ont fermé l’infrastructure énergétique la plus importante du pays. Leur revendication est claire : la sécurité avant tout. Selon l’AFP, Robenson Mazarin, avocat et coordinateur du Mouvement des Citoyens Engagés du Centre, a déclaré : « Nous avons décidé d’arrêter la centrale hydroélectrique parce que le gouvernement a abandonné ces deux villes aux mains des gangs criminels. […] Tant que cette situation demeure, la centrale de production restera fermée. »

La démarche a provoqué un black-out généralisé dans plusieurs régions du pays, notamment la zone métropolitaine de Port-au-Prince. De nombreux quartiers vivent sans électricité depuis plus de dix jours, et les plaintes s’accumulent.

Alors que la tension monte et que les impacts économiques et sociaux se font sentir, les autorités gouvernementales n’ont jusqu’ici fourni aucune réponse publique concrète. Aucun plan clair de réouverture, aucun dialogue formel avec les protestataires, et désormais, la démission d’un cadre technique de l’EDH vient alourdir un climat déjà instable.

Le départ de Jacky Fleurilus est perçu par certains comme un geste de désaveu, par d’autres comme une tentative de se dissocier d’un conflit politique et sécuritaire qui dépasse largement le champ de la production énergétique.

Pendant que la centrale reste bloquée, c’est tout un pays qui reste à l’arrêt. La situation pourrait s’aggraver si aucune médiation n’est engagée. Pour de nombreux observateurs, la fermeture prolongée de Péligre marque un tournant dans la crise haïtienne : elle démontre que des groupes civils, livrés à eux-mêmes, peuvent désormais mettre à genoux un système déjà fragilisé.

La démission de l’ingénieur Fleurilus, en apparence administrative, envoie un signal clair : même les techniciens ne peuvent plus porter, seuls, le poids d’une crise qui relève du politique et du sécuritaire. Péligre n’est pas seulement une centrale arrêtée. C’est le symbole d’un pays à court de solutions.

Steeve Luc PIERRE

GPL Media Libre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *