Haïti:Les conseillers présidents pillent les caisses d’un État en crise pour aucun résultat

Haïti:Les conseillers présidents pillent les caisses d’un État en crise pour aucun résultat

Un an après sa prise de pouvoir, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a plongé Haïti dans un gouffre sans fond. Entre massacres sanglants, dilapidation criminelle des fonds publics et abandon complet du peuple, le bilan du CPT, selon un rapport accablant du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), est une honte historique pour ses membres.

D’emblée, le RNDDH révèle des chiffres vertigineux : chaque membre du CPT perçoit plus de 10 millions de gourdes par mois, alors que la majorité des Haïtiens est livrée à la faim, au désespoir et à l’insécurité.

En détail, voici ce que touche un conseiller présidentiel, chaque mois :

Salaire : 225 000 gourdes

Frais de fonctionnement : 75 000 gourdes

Frais de deuxième résidence : 400 000 gourdes

Carte de téléphonie : 500 000 gourdes

Frais d’intelligence : 4 500 000 gourdes

Frais de carburant : 300 000 gourdes

Carte de débit : 2 500 000 gourdes

Frais pour conjoint.e : 500 000 gourdes

Frais pour remplir leur réfrigérateur : 75 000 gourdes

Frais de nourriture : 925 000 gourdes

De plus, 3,5 millions de gourdes sont dépensés chaque mois pour assurer petits-déjeuners et lunchs, ainsi que des primes spéciales allant jusqu’à 5 millions de gourdes par conseiller lors des fêtes nationales.

En une année, ce sont plus de 1,1 milliard de gourdes, soit plusieurs millions de dollars, qui ont été détournés au profit de ces dirigeants, alors que la Police Nationale d’Haïti (PNH) et les Forces Armées d’Haïti (FAD’H) restent désespérément sous-équipées face aux gangs lourdement armés.

Par ailleurs, le CPT a totalement échoué dans sa mission prioritaire : la sécurité. Depuis son installation, au moins 13 massacres majeurs ont ensanglanté le territoire, notamment à Gressier, Carrefour, Cité Soleil, Wharf Jérémie, Kenscoff, et Mirebalais.

Conséquemment, des milliers de morts, des centaines de femmes violées et des quartiers entiers tombés sous la coupe des gangs sont à déplorer. Pire encore, le Conseil National de Sécurité (CNS), censé coordonner la lutte contre l’insécurité, n’a jamais été mis en place. Les mesures annoncées : « budget de guerre », « task force », sont restées des slogans sans effet.

De surcroît, la justice haïtienne est restée spectatrice et impuissante. Malgré l’ampleur des crimes commis contre la population, aucune grande procédure judiciaire n’a été engagée.

Plus de 82 % des prisonniers en Haïti sont toujours en détention préventive prolongée, sans jugement. Les tentatives de relance du système judiciaire, mise en place de pôles spécialisés, création d’une commission Vérité-Justice-Réparation ont échoué, plombées par la corruption et l’influence des mêmes réseaux politiques.

Parallèlement, les libertés fondamentales ont subi une répression brutale sous le régime du CPT.
Chaque manifestation exigeant la sécurité et la dignité a été violemment dispersée, au prix de blessés et de morts.

Dans le même temps, la presse haïtienne a payé un lourd tribut : plusieurs stations de radio et télévision ont été incendiées, des journalistes ont été assassinés, blessés ou enlevés. Ainsi, la liberté d’expression, pilier de toute démocratie, est aujourd’hui en péril.

En définitive, un an après son intronisation, le CPT n’a tenu aucune de ses promesses. Haïti n’a jamais été aussi divisée, meurtrie, et livrée à elle-même. Les membres du CPT ont préféré se remplir les poches plutôt que de sauver leur pays.

Pendant que le peuple enterre ses morts dans l’indifférence générale, eux dépensent des millions de dollars en réfrigérateurs, petits-déjeuners, résidences secondaires, primes personnelles, et voyages inutiles.

Ce premier anniversaire du CPT n’est pas une fête : c’est un jour de deuil national. Un an de honte, un an de massacres, un an de trahison. Un an de plus dans l’enfer pour le peuple haïtien.

Steeve Luc PIERRE

GPL Media Libre

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