Début de semaine tragique pour les universitaires haïtiens
Lundi 10 et mardi 11 février 2025 resteront gravés dans la mémoire de la communauté universitaire haïtienne. Deux incidents tragiques ont coûté la vie à trois étudiants : un accident de la route à Limonade et une balle perdue à Bourdon. Ces événements soulignent une fois de plus la vulnérabilité des jeunes face aux dangers quotidiens en Haïti.
La semaine a commencé sous le signe du deuil pour les étudiants haïtiens. Le lundi 10 février, un terrible accident s’est produit sur la route nationale numéro 6, reliant les départements du Nord et du Nord-Est. Dans la localité de Dubourg, à Limonade, une voiture blanche a violemment quitté la route.
À son bord, Lexu Yodelet, le chauffeur résidant aux Îles Turques-et-Caïques, et quatre étudiants du Campus Henry Christophe de Limonade (UEH-CHCL). Selon les premières informations, le conducteur, en route pour Dajabon, aurait perdu le contrôle de son véhicule.
Le bilan est lourd : Le conducteur est décédé sur le coup, tout comme deux des passagers, Jules Luckenson Oximil, étudiant en première année de sciences de l’environnement, et Dwily Salomon, étudiant en aménagement du territoire. Paul Kency Augustin, inscrit en travail social, et Felingo Petit-Frère, étudiant en mathématiques, grièvement blessés, ont été transportés d’urgence à l’hôpital Sacré-Cœur de Milot. Leur état reste critique, plongeant leurs proches et camarades dans une attente angoissée.
À peine le temps de sécher leurs larmes que, le lendemain, un autre drame est venu frapper la communauté universitaire. Le mardi 11 février, Macénat Lebelt, 24 ans, étudiant en deuxième année de diplomatie au Centre d’Études Diplomatiques et Internationales (CEDI), situé à Bourdon, a été atteint mortellement par une balle perdue alors qu’il assistait à un cours.
Le projectile l’a touché à la tête dans la salle 14, au premier étage du bâtiment universitaire. Malgré l’intervention rapide des secours, Macénat a succombé à ses blessures, laissant ses camarades sous le choc et ravivant le sentiment d’insécurité omniprésent dans le pays.
Le phénomène des balles perdues est devenu un fléau en Haïti, où personne n’est à l’abri. Que ce soit dans les rues, chez soi ou même dans des espaces supposés sûrs comme les établissements scolaires et universitaires, le danger est partout.
La mort de Macénat, survenue dans un lieu dédié à l’apprentissage et à l’épanouissement intellectuel, illustre cette réalité glaçante : en Haïti, aucun espace n’offre une garantie de sécurité. L’insécurité s’est infiltrée jusque dans les salles de classe, forçant étudiants et enseignants à vivre dans la peur constante d’être victimes de la violence aveugle qui gangrène le pays.
Alors que les familles pleurent la perte de leurs enfants, une question brûle toutes les lèvres : jusqu’à quand la jeunesse haïtienne devra-t-elle vivre sous la menace des armes et des routes meurtrières ? Ces deux tragédies consécutives rappellent cruellement la précarité des conditions de vie en Haïti, où la route et l’insécurité deviennent des menaces permanentes pour la jeunesse.
Entre accidents évitables et violences incontrôlées, les étudiants haïtiens paient un lourd tribut, alors qu’ils devraient pouvoir se consacrer sereinement à leur avenir. Le deuil touche non seulement des familles brisées, mais toute une nation, une fois de plus confrontée à l’injustice de perdre ses enfants avant l’heure.
Steeve Luc PIERRE
