Mustapha Kémal Saint-Louis, tout pour sa communauté

Mustapha Kémal Saint-Louis, tout pour sa communauté

Après quinze ans sous l’uniforme de l’armée américaine et une carrière dans la cybersécurité, Mustapha Kémal Saint-Louis pense à sa commune d’origine. Il a mis par écrit « Belle-Anse Projet 2030 – Première Phase », un document de réflexion sur le développement de Belle-Anse, et aimerait mettre son expérience au service de sa ville natale à plein temps. Le texte propose neuf axes d’intervention : aménagement du territoire, protection des bassins versants, reboisement, protection du littoral face au changement climatique, préservation des récifs coralliens, amélioration de la gouvernance, entre autres.

Cet attachement ne vient pas de loin. Né un 3 avril à Cibao, dans la localité de Mapou, il a grandi jusqu’à l’âge de neuf ans auprès de son grand-père paternel, Magloire Jean-François, propriétaire de bateau, qui lui a appris à nager. Celui-ci lui interdisait le football et le vélo. Mustapha y verra plus tard une forme de protection, car la commune ne disposait d’aucun hôpital capable de soigner une fracture. « Il était strict, mais sincère », dit-il.

À neuf ans, il rejoint sa mère à Port-au-Prince, dans une famille élargie composée de tantes, de cousins et d’un frère aîné. Après le primaire à l’École nationale de Belle-Anse, il fréquente le Collège Cœur de Jésus, sur la route de Delmas, puis le Collège Catherine Flon, à Carrefour, avant d’entrer brièvement à l’Académie nationale diplomatique et consulaire. En août 2003, sa mère meurt d’un cancer du pancréas. Il parle d’un « trou béant ».

Faute de moyens financiers, il quitte les bancs de l’université et enseigne les sciences sociales pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa petite sœur.

Une demande de résidence permanente déposée pour lui aux États-Unis était toujours en cours. Convoqué au consulat américain en 2006, il essuie un refus en raison du décès de sa mère. Avec l’aide d’une cousine, il rédige une lettre de contestation et obtient, quelques mois plus tard, ses documents de voyage.

Il arrive aux États-Unis en février 2007. Il apprend l’anglais à Lindsey Hopkins, puis étudie au Miami-Dade College. La crise financière de 2008 le laisse sans emploi. Il choisit alors de s’engager dans l’armée pour se construire tout en servant son pays d’accueil. En août 2009, il intègre l’armée de terre, où il sert pendant plus de quinze ans comme logisticien et forme plusieurs soldats.

Parallèlement, il poursuit sa formation : licence en administration de la justice pénale à l’Université de Phoenix, master en sécurité intérieure à Pace University et doctorat en cours en politique publique et relations internationales à Liberty University. Ses plus de dix années d’expérience dans la sécurité, la fraude et la cybercriminalité le conduisent à la Bank of Tokyo, où il dirige la sécurité et la lutte contre la cybercriminalité. Il est aujourd’hui consultant en sécurité chez Pfizer.

Pour lui, tout ce parcours tient en une conviction : être utile à sa communauté.

Réens N. Hyppolite

GPL Media Libre

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