La BRH affiche sa résilience et accélère la modernisation du système financier haïtien
Malgré une économie toujours fragilisée par l’insécurité, la Banque de la République d’Haïti (BRH) se veut rassurante. Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi 21 juillet, le Conseil d’administration de l’institution a présenté l’état de l’économie nationale, annoncé plusieurs réformes majeures et mis en garde contre les plateformes financières opérant sans autorisation.
La Banque de la République d’Haïti entend poursuivre ses efforts pour préserver la stabilité financière du pays malgré une conjoncture particulièrement difficile. Réuni face à la presse ce mardi, le Conseil d’administration de la Banque centrale a présenté les dernières tendances macroéconomiques ainsi que les principaux chantiers engagés pour moderniser le système financier haïtien.
Le gouverneur de la BRH, Ronald Gabriel, a reconnu que l’économie nationale devrait encore enregistrer une contraction en 2026, avec un produit intérieur brut (PIB) attendu entre -1,5 % et -1,7 %. Il a toutefois insisté sur plusieurs indicateurs jugés encourageants, notamment la baisse de l’inflation à 20 %, la stabilité du taux de change autour de 131 gourdes pour un dollar américain et le maintien de 3,5 milliards de dollars de réserves internationales, un niveau qui, selon lui, permet à la Banque centrale de mieux faire face aux chocs économiques.
Au cours de cette rencontre, Ronald Gabriel a également dévoilé plusieurs projets destinés à moderniser les services financiers. La BRH prévoit notamment le déploiement d’un système de paiement numérique interopérable reposant sur l’utilisation de codes QR, permettant aux banques, institutions de microfinance et opérateurs de téléphonie mobile d’effectuer des transactions entre eux.
L’institution annonce également l’ouverture prochaine de représentations régionales, notamment dans le Grand Sud, afin de rapprocher davantage ses services de la population.
Le gouverneur est aussi revenu sur les efforts engagés pour renforcer la supervision du secteur financier et permettre à Haïti de sortir de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI). Selon lui, plusieurs réformes réglementaires ont déjà été mises en œuvre afin de lutter contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et d’améliorer la gouvernance du système bancaire.
La BRH a par ailleurs exprimé ses préoccupations face à la prolifération de plateformes financières opérant sans autorisation officielle. Ronald Gabriel a mis en garde la population contre ces structures, citant notamment « Dessalines Bank », qui ne dispose d’aucun agrément de la Banque centrale. Il a invité les citoyens à privilégier les institutions dûment autorisées afin d’éviter tout risque de fraude ou de perte financière.
En dépit d’une conjoncture économique et sécuritaire particulièrement difficile, les responsables de la Banque centrale se disent déterminés à poursuivre les réformes engagées.
Entre la modernisation des moyens de paiement, le renforcement de la régulation financière et l’extension de ses services en région, la BRH affirme vouloir créer les conditions d’un système financier plus moderne, plus sûr et davantage adapté aux défis auxquels Haïti est confrontée.
